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Projet Phoenix : le satellite frankenstein du DARPA

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La chute récente d’un satellite que la NASA a eu pas mal de difficultés à retrouver en rappelle l’actualité : les satellites meurent en haute orbite… une fois obsolètes, ils sont souvent propulsés dans une orbite dite « orbite cimetière », attendant patiemment qu’une nouvelle génération vienne les remplacer… ou qu’ils tombent. C’est devenu avec le temps le problème de la pollution de l’espace… mais le nouveau projet du DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) est peut être un début de solution. En effet cette agence de la défense américaine, connue pour avoir inventé le reseau internet entre autres imagine actuellement la conception d’un robot capable de démonter et de désosser ces débris flottants afin de construire de nouveaux satellites, une sorte de Frankenstein de l’espace ou de satellite cannibale.

Les satellites de communication en orbite géosynchrone (GEO) qui ne fonctionnent plus nécessitent un remplacement coûteux. « Si ce programme est un succès, les débris spatiaux deviendront un espace de ressources », a déclaré la directeure du DARPA, Regina E. Dugan. Le projet « Phoénix » est un robot équipé de bras mécaniques, contrôlable à distance, capable d’effectuer de travaux de précisions nécessaires aux démontages et recyclages des pièces très couteuses telles que les antennes de communication… mais aussi de construire une flotte de « nano satellites » pour créer des plateformes de communication low-cost.

Toutefois, aussi facile que l’idée puisse paraître, cela van nécessiter la jonction d’une grande variété de sciences appliquées. De la robotique, qui permet à un médecin d’effectuer de la téléchirurgie à distance aux systèmes d’imagerie de pointe à distance utilisé pour le forage en mer qui voit le fond de l’océan des milliers de mètres sous l’eau. Le tout sous gravité zéro, dans le vide spatial et dans un environnement de rayonnement intense…

« Les satellites GEO sont en pas conçus pour être démontés ou réparés, alors ce n’est pas simplement une question de supprimer certains écrous et boulons« , a déclaré David Barnhart, directeur de programme du DARPA. « Cela nécessite de nouvelles technologies d’imagerie et robotique à distance et des outils spéciaux pour saisir, couper, et modifier des systèmes complexes, car les joints existants sont généralement moulés ou soudés. Un autre défi est le développement de nouvelles procédures d’exploitation à distance de tenir deux pièces ensemble afin qu’un tiers robotique «une main» puisse se joindre à eux avec une troisième partie, comme une attache, le tout en gravité zéro. Pour une personne qui exploite la robotique, la complexité est similaire à l’assemblage via une télécommande de Legos multiples tout en regardant à travers un télescope.  »

Techniquement cette technologie pourrait voir le jour en 2015, mais certains complications juridiques sont à gérer, même à 22 000 km de la terre : tout objet flottant dans l’espace appartient au pays qui l’a lancé, même si celui-ci est hors service ou mourant.

La finalité de ce programme serait des «satlets», ou nanosatellites, beaucoup plus économiques qui fonctionneraient en synergie avec les anciens satellites reconditionnés… Le système F6 sera une ruche de modules sans fil interconnecté capable de communiquer les uns avec les autres – partageant des ressources entre eux : «Le programme est fondé sur le développement de l’interface sur des normes ouvertes de la couche de liaison sans fil physique à travers la pile de protocoles réseau, y compris le middleware temps réel partage des ressources et un pôle de vol logique afin de permettre l’émergence d’un espace« patrimoine mondial »qui améliorerait la posture de sécurité mutuelle de tous les participants par l’interdépendance. « explique l’équipe de la DARPA.

En clair, une unification des protocoles pour mieux gérer ces nouveaux satellites… mais qui dit protocole unifié… dit possibilité de le couper aussi… Les gens du DARPA dépendent de la défense…

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