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Rubicon, conspirer c’est inspiré

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AMC, chaine du cable US qui nous avait déjà offert mad men, vient de finir de diffuser la première saison d’une excellente série : Rubicon.

Un homme, visiblement un riche homme d’affaire découvre un matin un trèfle à quatre feuilles glissé dans son journal. Il se lève, se retire dans son bureau et se loge une balle dans la tête. Sa femme est dans le parc devant la maison et joue à cache-cache avec des enfants. Le premier mot de la série est thirteen (13) mot que cette femme était en train de compter avant de poursuivre ses enfants. 13, comme 13 épisodes, comme 13 le chiffre qui va tout démarrer…. Will Travers est un analyste qui travaille pour une étrange administration, l’API (qui conseille tout ce qui se fait en terme de communauté du renseignement) et qui a perdu sa femme et sa fille dans les attentats contre le World Trade Center le 11 Septembre 2001. Il aurait dû être avec elles, mais ce matin là.. il était en retard.  Entre ces deux hommes, va progressivement se nouer une histoire faite de paranoïa, de secrets. Sans le savoir et à cause d’une autre mort en relation avec cette première, Will Travers va plonger dans l’enfer d’une conspiration tentaculaire.

Si le premier épisode nous rappelle les 3 jours du condor, ce qui avouons le est un beau compliment, la suite de l’histoire montrera que cette série possède une vraie personnalité, tant visuelle que scénariste. Ambiance pesante, rythme lent, personnages fouillés et complexes, cette série à d’emblée une dimension cinématographique. Autant l’idée d’une conspiration semble t elle aujourd’hui un peu usée, autant et notamment grâce à la crédibilité du personnage principal et de la qualité d’écriture, celle ci prend une vrai dimension.

Parler de réalisme pour parler d’un travail d’analyste dans le renseignement est il rébarbatif ?
Non, ici, au travers des implications humaines et des choix cornéliens que des personnages doivent faire quand à une attaque ciblée par missile dans une zone civile, c’est l’humanité et un côté presque tragique qui ressortent de ce questionnement. Ici pas de grosse machineries technologiques, les armes les plus affutées et les plus puissantes sont l’esprit des personnages. Et au travers de l’enquête de Will et du travail des analystes de son équipe, c’est une vision du monde très post 11 septembre qui ressort, pessimiste, réaliste, politique. Et le jeu de son acteur principal tout autant que le soin porté aux personnages donnent à cette série une intrigue digne des meilleurs films d’espionnage seventies, avec un esprit et une image volontairement terne, sombre et une musique lancinante, une personnalité forte, ce qui pour une série aujourd’hui n’est pas une évidence.

AMC nous avait déjà offert des visions décalées des années 60 (Mad Men), de la vie de banlieue (Breaking Bad), elle nous offre ici une nouvelle facette de ses talents : Rubicon, une série sur le pouvoir, et comment le Rubicon fut franchit.

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