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Une petite histoire du Warez

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A l’heure des grands fantasmes sécuritaires autour d’internet par une classe politique qui n’y comprend pas grand chose et qui en a peur, qui, par collusion volontaire ou plus simplement parce qu’elle a peur de paraitre  inactive utilise l’informatique pour renflouer les caisses d’une industrie de la culture qui se refuse à évoluer… Il était temps de vous parler des ancètres du partage, de ce à quoi vous avez déjà touché un jour sans pour autant en reconnaitre l’origine, je veux parler du warez…

Certes, le terme n’est plus aujourd’hui très en vogue, les façons de transmettre ont évoluées mais il y a aussi eu un glissement étymologique sous l’influence médiatique et économique vers la notion de piratage. Pirate ça fait plus peur, plus méchant que warez… Warez ça avait un côté sympa, maintenant on préfère la proctologie numérique du Deep Packet Inspection, ou plus simplement et ouvertement trouver tous les moyens possible de financer le déclin des copains en pompant l’internaute moyen. Mais nous ne sommes pas là pour parler de la façon à la fois éhontément visible et lamentable immorale dont une certaine classe politique traite internet, nous sommes là pour parler des Cow Boys de ce Far West, Gibsoniens ou pas, nous sommes là pour nous rappeler comment à commencée la « ruine de l’économie mondiale des logiciels » par quelques gus derrière leurs écrans.

La légende veut que le warez naquit ainsi :

En 1951, dans un petit village près de Tijuana au Mexique, Enrique Jesus WAREZ nait d’un père technicien de surface chez IBM Mexique et d’une mère… au foyer. A la fin des années 70, Papa Warez, alors affecté à la division « Systèmes d’Exploitation pour PC d’IBM », perd son emploi car IBM cient de choisir d’équiper ses machines d’un système d’exploitation baptisé DOS. Le jeune Luis se lança donc dans une croisade contre ces sociétés qui avaient ruinées sa famille.. au travers de la release de cracks, et la mise en place de BBS (bulletin boards)… Voilà pour l’iconographie religieuse… plus sérieusement l’un des premiers sites à proposer des programmes modifiés avait pour slogan « We ARE Ze underground » d’où Warez… On dit aussi que Warez n’aurait été finalement que le pluriel de « Ware » pour software (programmes).

Avec le Warez vient la Scène… et pour relier ses apôtres, différents canaux de communication.. La Scène désigne en fait les différents groupes de hackers/crackers/relasers ou teams dont certains noms sont devenus célèbres qui au fur à mesure que les modems devenaient des bêtes de course (imaginez ou rappelez vous si vous y étiez, les modems 56,6 et l’affichage de votre page web en moins de 10 secondes !) entreprirent de proposer à qui le voulait des cracks, des programmes « décapsulés », c’est à dire dont on avait modifié le code pour faire sauter la licence.

A cette époque l’un des principaux fournisseurs d’accès était AOL. et au dela des BBS, les chat rooms publiques permirent à certains se rencontrer, puis de créer des chatrooms privées pour échanger informations, connaissance et programmes, un autre des canaux utilisé (et qui l’est encore) était IRC. AOL ne s’intéressa pas à cette époque à ces petits groupes qui parfois pirataient son système pour se créer des comptes factices, et vers l’été 1995, les choses s’accélèrerent. Les BBS permettaient d’échanger des programmes, mais un petit groupe lança l’idée dans différentes chat rooms de mettre librement à disposition ces fichiers crackés. Des groupes commencèrent à se former. A partir de 1996, Aol prit conscience de ce qui était en train de se passer et ferma les comptes factices, fit le ménage dans les chats et les autorités débutèrent une première traque des membres de s Razor 1911, Drink or Die, Inner Circle, Class, Pirates with Attitudes…

Après ce premier age, de 1997 à 2000 en fait, de nombreux groupes apparurent : Legend, FoCuS, GoH, ink, MiRaGE furent parmi les plus célèbres mais on évalue à un millier environ les groupes qui se créèrent, éphémères ou pas. Dans cette effervescence apparurent les 0-day, c’est à dire les programmes crackés dés leurs sortie et mis en ligne le même jour, avec des résultats variés en qualité, mais aussi l’audiowarez par exemple, qui était une branche spécialisée dans la mise à disposition de softs audio. Et le porno évidement.

Le début des années 2000 à marqué le début de la lutte contre la Scène avec les opérations « spectaculaires » (plus de spectacle que d’impact réél quoi) du FBI.

DrinkOrDie* et RiSC tombent et avec eux un pan de la scène Warez internationale puisque des  membres de Razor, Fairlight, SKiDRoW sont arrêtés, nous sommes en décembre 2001 et 62 d’entre eux vont découvrir qu’il est plus grave de faire du warez que kidnapper un gamin, en terme de peines… Les Topsites qui étaient la source des releases ferment provisoirement, la scène se retire dans l’ombre de l’undernet… Le coup suivant est porté le 22 avril 2004 : avec force conférence de presse et on annonce l’arrestation de nombeux  cybercriminels : FairLight (FLT), CLASS, Kalisto, Echelon et Deviance, dans le cadre d’une opération nommée « Fastlink », qui fut principalement une infiltration des teams à coup de faux topsites…. et le coup est rude, puisque l’opération va durer 3 ans. En 2006 pourtant, Razor 1911 est de retour, les troupes se sont renouvelées… La dernière opération en date est encore plus « fantastique », on nage en pleine fiction surtout au  niveau des chiffres. C’est en 2010 et l’attaque contre la scène warez néerlandaise que la police annonce fièrement stopper un trafic de 6 milliards d’euros. Vu qu’il n’y a pas de perte mais de manque à gagner, ces chiffres ne reposent sur aucune réalité…

Les discours sont fantaisistes, mais se veulent rassurant, on est en train de sécuriser ce far west pensez vous… Sauf que la Scène est finalement très peu atteinte par cette énième opération. Il y aurait beaucoup à raconter et à expliquer sur le warez, sa structure, ses modes de distribution, (vous pouvez trouver ces infos sur wikipedia), mais aussi sur les .nfo avec le logo des teams en ASCII, vous parler de l’époque d’astalavista, moteur de recherche de cracks… mais bon, aujourd’hui c’était un petit moment d’histoire, la prochaine fois on parlera de l’apparition du P2P et comment le warez est devenu… secondaire.

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