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Reflexions sur l’image 1 : un futur virtuel pour le pire et le meilleur

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Un passionné d’image n’est pas qu’un spectateur de celles-ci, ou parfois un créateur… le besoin de penser l’image et son rôle sont autant nécessaires que la recherche de nouvelles formes d’expression. C’est pour ça qu’une petite série d’articles vous livrera le résultat de mes quelques réflexions. Commencer par le futur, c’était une logique comme je les aime. Démonter au fur à mesure la perspective.
Le futur est nécessairement virtuel, le présent seul est réél, le passé est recomposé. Le futur de l’image parle plus de ce que les révolutions techniques nous permettent et vont permettre de plus en plus de produire comme images et les conséquences de ces images. La technique est devenue à la fois plus universelle (chacun peut disposer d’une machine, de logiciels, et avec de la volonté, du temps et de l’apprentissage créer de l’image, la retravailler comme un matériau… rien de très nouveau dans tout cela, la démocratisation d’un outil de création est une constante historique.

C’est plus l’occasion de la sortie d' »Avatar » de James Cameron, film sur lequel reposent beaucoup d’espoirs et aussi pas mal de fantasmes concernant le futur du cinéma, surtout du point de vu de ceux qui la font. Cameron se propose de faire vivre aux téléspectateurs une 2e révolution du cinéma en relief mais cette fois ci avec le concours de la 3D et d’images au réalisme accru. La volonté affichée est de transporter littéralement le spectateur dans le film, de lui offrir une expérience nouvelle si forte que le cinéma reprendrait une place forte dans la hiérarchie des sensations que les jeux vidéos lui ont un peu ravit ces dernières années. La technique par l’intermédiaire de la motion capture (on pose des capteurs sur les acteurs jusqu’à reproduire numériquement par le biais de ceux ci leurs expressions, leur mouvements) transforme l’acteur réél en acteur virtuel (le grinch de Zemeckis) donnant un supplément de réalisme, voire de réalité au personnage virtuel. Ce personnage virtuel, ce double ne sait pour l’heure exister sans son double rééel. On n’est pas encore dans ce doppleganger (Doppelgänger est un mot d’origine allemande signifiant « sosie », employé dans le domaine du paranormal pour désigner le double fantomatique d’une personne vivante, le plus souvent un jumeau maléfiqu), théorisé par le Critical Art Ensemble comme notre double en terme d’informations qui est évalué pour mesurer notre « crédit », mais en terme de prospective, la question se pose. Sera t il un jour plus intéressant pour les assurances qu’un acteur joue couvert de capteurs dans un studio, des scènes que son double numérique devra jouer dans un environnement jugé trop dangereux?
Un acteur virtuel peut il naitre… comme l’idoru de William Gibson, connaitre le succès, devenir… un people?
L’image d’un acteur pourra elle devenir privatisable et commercialisable?
L’image d’un acteur pourra t elle survivre à sa disparition?

La technique et la privatisation galopante de tout ce qui est monnayable, comme le génome, amènent à se poser ces drôles de questions.
Si pour monsieur tout le monde, c’est plus un doppleganger nourrit des traces qu’il laisse sur la toile, ou par l’intermédiaire des informations dont on peut disposer sur lui (données banquaires, téléphoniques, scolaires, médicales…), drôle de créature qui selon tel ou tel point saillant de son apparence l’inscrit dans tel ou tel listing…  Si pour ce monsieur tout le monde, le contrôle de l’information qui le concerne et le droit à l’oubli (le droit en clair que ce qu’il a dit dans le passé, ne le poursuive pas toujours…) sont les points à défendre, pour celui qui devient public, c’est son image, sa propre identité qu’il faut protéger.
C’est toujours notre identité que la technique pourrait remettre en cause.
Sur la base des informations sur lesquelles on nous jugera (banquier, police,assureur,employeur) nous perdons progressivement le contrôle et le CAE (critical art ensemble) à plutôt vu juste, les pouvoirs limités de la CNIL en sont malheureusement l’illustration.

L’image, et l’utilisation de son identité au delà de ce qu’il pourrait accepter ou au delà de son existence, voilà ce qui menace l’acteur.
Le virtuel peut nous apporter le meilleur, des films encore plus bouleversants, des histoires encore plus merveilleuses ou seule l’imagination débridée des créateurs fixe la limite. Ou faire revenir Elvis dans une publicité,
Marylin dans un porno…


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