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La ville dans la science fiction

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La ville dans la science fiction est souvent le reflet de la société ou du système de gouvernement que l’auteur ou le réalisateur souhaite décrire, et à cet égard l’esthétique de celle ci (lorsqu’il s’agit de films) renforce souvent le message. Structuration sociale et géographique (Métropolis avec sa ville haute et basse, Brazil ou Soleil Vert avec ses quartiers riches et pauvres clairement séparées) participent aussi de cette vision de la ville comme devenant le reflet des choix politiques du dirigeant / fondateur de la ville.

La ville future est donc à la fois une représentation du pouvoir, de sa répartition et d’une vision plus ou moins négative de notre capacité a évoluer. La valeur se situe souvent dans une lecture verticale de la ville (Metropolis, Blade Runner et la demeure sur les sommets de la pyramide de la Tyrell Corporation), les « bas fonds », la ville basse considérée comme une zone « criminelle », est un classique de la science fiction. Aux riches l’air respirable aux pauvres les vapeurs de la cité industrieuse, industrielle. Cela se retrouve plus encore dans Demolition Man (les rebelles vivant sous terre) ou dans le 5e élément, où les zones basses sont littéralement celles du brouillard, inhabitées. Au delà de cette dichotomie verticale, la ville dans la science fiction est un ensemble, un monde fermé sur lui même, jusqu’à une fonction carcérale. THX1138, l’âge de cristal, l’exterieur de la ville est un ailleurs interdit, nié, plus récemment c’est la même chose dans « the island » par exemple.

Poussé à l’extrême on retrouve ou les mega city de judge dredd, où la ville est un îlot de civilisation et d’humanité sur une terre dévastée, ou la ville monde (l’univers de l’Incal de Moebius et Jodorowsky ou bien encore Coruscant dans Star Wars, cité état, cités mondes, où le pouvoir est la ville tout court.

Que nous dit cette lecture de la ville?

Que dans l’imaginaire la ville est lieu anxiogène, fermé, un lieu de contrôle et de pouvoir, une extension de ce qu’elle est déjà aujourd’hui, à la fois pour les moyens de la fiction mais aussi un rejet, la ville n’est pas « naturelle » (voir la bande dessinée Megalex), la ville n’est plus ou pas perçue comme un projet, comme une amélioration, mais bien plus une dégradation.

Cette vision généralement perssimiste n’empêche pas parfois une certaine grandiloquence architecturale. Metropolis par exemple est une cité impressionnante, élancée, parfois métissée d’influences diverses (pyramides maya de Blade Runner), qui semble un melting pot de Tokyo, Los Angeles et autres cyber punk, la ville ne se fonde donc pas uniquement sur un sa fonction socio politique mais aussi sur une image, fut elle factice de la volonté de ceux qui la construisent. Concernant les symboles forts, les archétypes de cette cité, les visions varient : Metropolis abrite des lieux forts : l’usine, la cathédrale, les tours gigantesques… qu’elle broie les homme ou qu’elle magnifie leur capacité à réaliser, la cité est symbolique… Dans les visions plus actuelles de la cité, cette symbolique à plus ou moins disparu, poussée à l’extrême dans la ville cybernétique de THX1138 qui ressemble plus a un clapier à lapins, avec ses cellules toutes identiques, sa répétitivité à l’infini pour mieux exprimer l’uniformité obligatoire, la négation de l’individu.

La ville future donc se lit dans sa relation à l’individu, à la place qu’elle lui concède. C’est là la constante que ces différentes œuvres ont en commun. Qu’elles le broient (Metropolis, Brazil, Soleil vert oserais je parler de le consommer?), l’enferme (Judge Dredd), le nie (THX1138) ou tout simplement le maintienne dans des semi ténèbres (Blade Runner), la ville n’est là qu’en tant que décor pour magnifier le combat de l’homme qui cherche à se libérer, de celle ci, de sa société, du pouvoir qu’elle incarne.