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Irina Ionesco, un talent de souffre et la souffrance

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On redécouvre (?) aujourd’hui le travail D’Irina Ionesco notamment au travers du film de sa fille Eva… qui en fut à la fois un objet, une source de scandale et de souffrance. Irina Ionesco est née le 3 septembre 1935 à Paris… d’une relation incestueuse :

«Ma mère est née d’un inceste, confie Eva Ionesco. Elle avait été abandonnée par sa propre mère durant les quatre premières années de sa vie. C’est mon arrière-grand-mère qui a décidé qu’Irina devrait finalement vivre normalement avec la famille. Mais ma grand-mère, qui n’a jamais regardé sa fille Irina, est partie vivre en Chine. Elle s’est mariée à un riche Chinois qui avait des maisons de jeux dans les concessions à Shanghaï. Le comportement névrotique de ma mère, sa difficulté à se reconstruire, n’excuse rien.» Confie sa fille Eva dans une interview sur son film My little Princess qui parle de sa relation avec sa mère… et de ses photos.

Irina Ionesco  est une photographe française. Elevée dans le monde du cirque par sa grand-mère et ses oncles, elle reve de devenir danseuse, une constitution frêle et souple en fera une contorsionniste. Elle va donc de 15 à 22 ans faire le tour des cabarets en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique avec deux boas géants. Victime d’un accident lors d’un numéro de danse à Damas, elle rentre en France… et ce ne sera qu’en 1964 que l’artiste d’avant-garde belge Corneille, lui offre un reflex Nikon.

Autodidacte, elle photographie ses amis et leurs filles, utilisant des bougies pour l’éclairage, vidant ses placards emplis de vêtements chics et de costumes de scène pour habiller ses modèles.

En 1974 son exposition à la Nikon Gallery à Paris a fortement attiré l’attention et le succès s’en est suivi, faisant d’elle pour certains une icône de la photo érotique et gothique… mais Irina Ionesco est surtout connue pour ses photographies mettant en scène sa fille, Eva. Ces nus firent scandale dans les années 70, de par les postures « artistiques » mais aussi érotiques d’une enfant de 10 ans.

Les femmes dans les oeuvres d’Irina Ionesco montre sont parées de bijoux, gants et autres atours, accompagnées d’objets symboliques,  foulards ou symboles fétichistes. Elles sont provocantes, souvent dénudées et présentées comme objets de possession sexuelle. Un travail à la fois intéressant et dérangeant, sulfureux et source de souffrances que le film évoquera et qui rendent son travail d’autant plus délicat à apprécier.

2 Commentaires

  1. j’ai découvert cette histoire en écoutant Inter ce matin, Eva Ionesco était l’invitée. Elle se dit tout à fait opposée à la diffusion de ces images d’elle prise par sa propre mère avec qui elle est en conflit, elle aimerait « récupérer son image ».
    Elle était petite fille quand sa mère s’est lancée dans la » photographie artistique »en poussant très loin le coté « artistique »…

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