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L’interview du mois : Christelle Espinasse, photographe

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Christelle c’est une rencontre humaine avant une rencontre photographique… et quand on apprécie déjà la personne, aimer son travail photographique c’était juste un cadeau supplémentaire. Merci à elle d’avoir bien voulu se lancer ce mois ci 😉

Pour en savoir plus après l’interview, il y a son site

Peux tu te présenter en quelques phrases ?

Je suis née à Sète, diplômée de l’Ecole Supérieure d’art d’Aix en Provence en 2009. C’est à l’âge de 13 ans que je démarre la photographie à l’Ecole des Beaux arts de Sète.

Mon enseignement aux Beaux arts a été essentiellement tourné sur l’histoire de la peinture, et non sur l’apprentissage de la technique photographique.

L’un de mes premiers travaux photographiques s’intitule « Conversation Pieces », (qui est le nom d’un Mouvement de la peinture anglaise naissant autour du 16e S). J’ai gardé une proximité picturale attachée à la construction d’espaces au sein de lieux divers. J’ai choisis méticuleusement des lieux me tenant à cœur pour y créer une ambiance, une narration. Tant la structure de la composition des couleurs, que la place des objets, ainsi que l’attitude et le regard du modèle.

La photographie semble avant tout pour toi « sociale », c’est à dire autour des relations humaines ?

Les relations humaines sont à la base de mon travail photographique. J’ai démarré par la découverte du corps, de longues séries de nudités, puis grâce à la singularité des séances, j’ai voulu aller plus loin dans l’approche de la relation avec l’autre. J’ai donc décidé en 2010 de réaliser un protocole de travail, dans lequel est né, ma série « Entrevue ». Je proposais à une personne de m’inviter chez elle, quelques heures ou une journée. Un moment d’intimité se créait, où elle me laissait rentrer dans son univers, je l’observais et j’immortalisais, UN instant. Un voyeurisme naissait, ou plutôt un jeu entre le regardeur et le regardé.

Puis ma série « Family Issue- Affaire de famille », est une suite logique de mon travail. Pénétrer dans l’intimité d’une famille, souvent que je ne connais pas. Cet échange est primordial quand à l’histoire qui est en train de se créer. Le point de vue « social » est central, car est-ce des photos documentaires ?

En évoluant dans cette série, je pense que la question de la scénographie, et de mon parcours photographique est bien plus forte que la question documentaire. Mais elle est plus de l’ordre de la filiation, de la ressemblance, en tout cas, c’est cette sensibilité là qui me touche.

As tu besoin de connaître les gens que tu photographies, que change la relation personnelle à ton approche de la photo ?

Je n’ai aucun protocole de ce côté là ! L’idée que je connaisse ou pas mes modèles, n’a aucune incidence sur le sens de mon travail. Le choix des familles en l’occurrence n’est pas arbitraire. Mais pour être honnête les premières photos de la série, font parties de personnes proches de mon cercle familial.

Mais il est vrai que les réseaux sociaux tel que (facebook…), améliorent le développement d’une série, sans connaître forcement ces gens là, et permettent un accès plus large. Il est donc plus simple et plus rapide de trouver des familles sans forcément les connaître.

Y’a t il des photographes qui t’ont inspiré ? Lesquels ?

En premier lieu, ce ne sont pas des photographes, mais réellement des peintres, dont William Hoggart qui est le précurseur du mouvement « Conversation pieces » en Angleterre, les peintures de David Hockney, ainsi que la peinture romantique (Caspard David Friedrich..).

Les travaux de Jacques Fournel, m’ont fait beaucoup avancé dans ma réflexion personnelle.

En photographie, il y a bien évidemment Jeff Wall, Gregory Crewdson ou Florence Paradeis, qui sont vraiment mes références…

Dirais tu que ton travail photographique notamment ta dernière série est un travail « pictural » ? Dans le sens d’une mise en scène des éléments pour composer ta photo comme un tableau ?

Dans ma dernière série, « Family Issue – Affaire de Famille », mon travail photographique est différent qu’auparavant. Évidemment il y a une référence directe à la peinture, mais je ne dirais pas, qu’elle ait semblable à une mise en scène d’éléments pour composer « Un tableau Photographique ».

Je fais poser les sujets, seuls ou en groupe, dans leur cadre familier et quotidien (salon, chambre, jardin). Se présentant frontalement, ils occupent les premiers plans de l’espace et une grande partie du champ de l’image.

Mais je ne les guide à aucun moment sur leurs choix vestimentaires, simplement j’aime jouer sur la profondeur de champ frontale, en plaçant les familles sur différents plans.

Comment vois tu évoluer ta recherche photographique ces prochaines années ?

Il difficile de se positionner, à ce jour, pour connaître mes futures recherches. Ce qui est sûr, c’est que je compte continuer de photographier, ce qui m’intéresse. Le but est de rester soi même et de ne pas rentrer dans une quelconque mode photographique…

Quelle place tient le matériel photo dans ton travail , t’imagines tu faire de la photo 3D ?

Le matériel reste important dans mes prises de vue. J’évolue avec le temps, à mes débuts j’ai démarré avec du matériel Nikon. Je reste donc fidèle à cette marque. Aujourd’hui, j’ai suivi le numérique en utilisant la gamme D300 et D700, mais je vais bientôt passer au D3x, avec une focale grand Angle.

En l’occurrence, je ne suis pas vraiment calée sur ce nouveau matériel 3D, mais je reste patiente, j’attends qu’il ait fait ces preuves. Je ne me précipite jamais dans le but d’avoir toujours la dernière nouveauté.

Quelle place tiennent les expos dans ton travail ?

Pour ma part les expositions sont une suite logique à tous travaux photographiques, il est important de les montrer, pour les dater dans le temps. L’arrivée du numérique, a bouleversé les méthodes de travail et les expositions ne sont que prétexte à imprimer des images et de faire des choix essentiels (format, encadrement ou contre collage…).

Néanmoins, ce n’est pas indispensable pour autant. Pour ma dernière série, il n’est pas prévu d’expos. J’ai démarré cette série, sans imaginer les imprimer, et les montrer sur le mur d’une galerie.

Mais plutôt de réaliser une Édition, un livre d’artiste, qui se construirait comme un « Album de Famille ».

La question de fin d’interview : Si tu pouvais te réincarner, que choisirais tu ?

Je choisirai de me réincarner en …Laure Du Mas !

Série ordinary


Série entrevue

Série Conversation pieces

Série Affaires de famille

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