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William de Newburgh, inventeur de l’horreur moderne

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Le nom ne vous dit rien… et c’est probablement (en dehors des cercles historiques et occultistes) un nom rarement évoqué puisqu’il vécu… au XIIe siècle. Né vers 1136 et mort vers 1198, il est aussi connu sous le nom de William Parvus, et fut un historien anglais du Moyen Âge et un chanoine à Bridlington au Yorkshire.

La croyance dans le retour des âmes des morts étant forte au xiie siècle, l’Historia de Newburgh rapporte de courtes histoires à propos de revenants qu’il a entendues, tout comme son contemporain Walter Map. Ses histoires évoquent à la fois ce qu’on appelle aujourd’hui des zombies, mais aussi des vampires…

Il raconte notamment que dans le comté anglais du Buckinghamshire, qu’un homme décédé était revenu dans le lit de sa femme et s’était jeté sur elle, l’écrasant de son poids. Après qu’elle l’aie repoussé, l’homme terrorisa le reste de sa famille et ses voisins pendant plusieurs jours. Suite des plaintes insistantes auprès du clergé, l’évêque Hugues de Lincoln, qui allait plus tard être sanctifié par l’Église d’Angleterre, a envoyé une absolution écrite destinée à être placé sur le cadavre de l’homme. Apparemment, ce traitement curatif religieux fonctionna et le cadavre ambulant de l’homme a cessé de harceler les villageois.

Plus tard, un autre camarade défunt dans la ville de Berwick, sur la pointe nord de l’Angleterre, qui avait la réputation d’avoir été très riche et est doté d’un tempérament mauvais, aurait rampé hors de sa tombe pour errer dans les rues la nuit . En quelques jours, les citadins paniqués résolurent leur dilemme en découpant le cadavre alors qu’il «dormait» pendant la journée et le réduisirent en cendres.

Une autres des histoires de morts-vivants est celle d’un aumônier qui a travaillé pour une noble près de l’abbaye de Melrose en Ecosse, et qui avait pour l’essentiel ignoré ses devoirs religieux pendant la vie, préférant passer ses jours à chasser à cheval. Peu de temps après la mort de l’aumônier, il commença à apparaître aux alentours de l’abbaye Abbey, mais la sainteté de l’abbaye l’empêchait d’entrer… Il apparu dans la chambre de la noble dame qui effrayée implora un moine de l’abbaye de mettre un terme aux balades nocturnes du cadavre, et ce dernier promis de monter la garde sur la tombe. La nuit venue, le cadavre de l’homme se leva du tombeau et attaqua le moine, qui a répondu à coups de hache. La créature vaincue retourna dans sa tombe, qui s’était ouverte pour le recevoir, puis se referma sur lui. Le jour suivant, un groupe de moines revint à la tombe pour exhumer le cadavre perturbateur et le brûler. Quand ils ont retrouvé le corps, ils ont remarqué avec horreur les marques slash de la hache et une masse croissante de sang à l’intérieur du cercueil.

Les chroniques de William de Newburgh parlent aussi d’un autre genre de revenant, moins zombiesque, connu sous le nom de « Vampire de Alnwick».
Un homme ayant la mauvaise réputation d’être un homme cruel et mesquin de son vivant, mourut après avoir glissé de son toit-alors qu’il épiait sa femme par la fenêtre de sa chambre, avec l’espoir apparent de la surprendre dans une affaire d’adultère. Il a glissé du toit et tomba à terre, mourant à l’agonie le jour suivant.

Peu après l’enterrement de l’homme, les habitant de la ville de Alnwick découvrirent le spectacle horrible de son cadavre errant dans les rues. Presque immédiatement, un fléau souffla sur Alnwick, et le bilan des morts grimpant, un sentiment croissant de panique s’ensuivit. Le revenant fut tenu responsable de la maladie et son cadavre, gorgé de bile noire et de sang, fut réduit en cendres. Coïncidence ou pas, l’épidémie cessa….

La dernière histoire est celle dede l’Enfant vert de Woolpit. Bien que William de Newburgh a probablement été vivant au moment où l’événement aurait eu lieu, il n’a pas écrit cette chronique avant que quarante ans après se soient passés… S’il n’est pas un témoin oculaire, et qu’il n’a jamais vu aucune preuve physique de l’événement – la fille verte, si elle existait, était apparemment déjà décédée avant que William ne se penche sur la question, il rapporte : «. … enfin je fus tellement submergé par le poids de tant et tant de témoins compétents, que j’ai été obligé d’y croire»

Des enfants auraient émergé de l’un des fosses aux loups et vus par les moissonneurs qui travaillent à la récolte, et furent capturés peu après. William de Newsburgh raconte que, au bout de plusieurs mois les deux enfants perdirent la teinte verte de leur peau et ont apprirent la langue locale,. Toujours selon sa chronique les deux enfants ont été interrogés sur leurs origines et auraient parlée d’une «Terre de St Martin »

C’est la première fois que dans l’occident chrétien, une source sérieuse (vu le pouvoir de l’Eglise et sa place en tant que détentrice du savoir) parlait de revenants sous la forme devenue aujourd’hui connue des vampires et des zombies (dans le sens de mort revenu à la vie), avant que la littérature s’en empare… A cet égard, William de Newburgh est l’un des inventeurs de nos monstres modernes car il leur a « donnée vie », sous la forme d’une reconnaissance de leur existence par une autorité… Si les enfants verts (on ne va pas parler de petits hommes verts non plus) n’ont pas connu le même succès que ses revenants, c’est peut être parce que cette peur est bien plus répandue qu’on ne le pense dans la psyché humaine, mais ça sera l’occasion d’un autre article…

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