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Et de 100…

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Déjà 100 articles, je ne pensais pas il y a quelques mois qu’on en serait là aujourd’hui mais c’est fait.
Donc chers lecteurs, voici une petite nouveauté, car outre mes réflexions et découvertes que vous avez pu croiser sur le site… il m’arrive aussi (ou m’est arrivé, désormais c’est devenu bien plus rare) d’écrire. Ecrire des nouvelles comme celle que je vais vous proposer aujourd’hui…
Elle n’est pas toute récente et les lecteurs du madweb (mon ancien site) l’ont peut être déjà lue… Attention, c’est plutôt étrange, c’est une des rares dont j’ose encore relire les lignes…
En tout cas, voici une nouvelle pierre à l’édifice, j’attends vos commentaires 😉

Allongé sur le lit défait,il fixe le plafond.
Son regard est vague,sa mâchoire trop serrée,comme s’il luttait contre quelque chose.
Dans ses poings serrés,le drap s’ensanglante lentement.
Un tache rouge sombre en progression.
Et tout autour de lui,le crissement .
Sous le plancher,dans les murs,au plafond.
Mille millions de pattes qui frottent,qui grattent ensemble en une infernale et crissante cacophonie.
Et il attend dieu sait quoi,les yeux perdus dans cette contemplation éperdue d’un plafond sale.
D’une chambre d’hôtel minable dans quelque coin perdu d’une ville du monde.
Une bouteille gît au sol.
Vide.Aussi vide que son esprit.
Il n’y a que ces mille millions de pattes.
Ce crissement insoutenable qui vient de partout.
Cette oppression comme une tension électrique.
Mille millions de pattes.
Autour de lui.
Et dans sa tête.
Ne pas bouger.
Attendre la métamorphose.
Devenir Cafard.
Et ramper à son tour le long des papiers muraux décrépis,le long de ces tuyaux rouillés qui suintent une douleur ancienne.Glisser le long des ces carreaux troubles,de ces lumières glauques.
Ramper avec ses milliards de frères autour de ce mec allongé.Venir à lui.
Mais il rêve.Ou peut être est-ce un cauchemar.
Une oppression nerveuse.
Allongé en travers du lit,nu et froid,il tremble spasmodiquement.
Il croit percevoir un mouvement,dans ce coin là.
Un autre et un autre encore.
Mais il ne voit rien.
Rien que ces murs qui puent la misère.
Rien que la décrépitude,la décomposition lente de ses instants.
Rien que ces draps humides de sang qui collent à son corps décharné.
Il reporte le goulot de la bouteille à sa bouche.
Mais ne récolte que de la poussière.
Juste un cafard qui s’ébat pour s’échapper.
Et il a l’impression d’être cet insecte,prisonnier de cet pièce glauque.
Il rampe désesperément vers la sortie.
Mais glisse toujours.
Et mille millions de pattes s’agitent autour de lui.
Mille millions d’antennes se penchent,mille millions de mandibules et d’yeux braqués sur lui.
Perdu dans la fièvre froide qui l’agite,il attend.
La Métamorphose.
Devenir Cafard.

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