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Habiter sous la surface n’est plus seulement un rêve

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Beaucoup d’entre vous, visiteurs occasionnels, venez chercher sur ce site, des concepts insolites et étranges d’architecture et de transport. Voici donc l’un des autres rêves de l’humanité (autre que celui d’Icare de voler dans le ciel par exemple), celui de vivre sous la mer…

Si déjà au XIXe siècle, Jules Vernes rêvait avec Némo de vivre sous la mer  (on en a même fait des films, outre le 20 000 lieues, il y a le  pas si mauvais  » le capitaine Némo et la ville sous marine » de 1969) cette idée a trouvée des applications aujourd’hui « fréquentes » au point que des architectes rêvent de construire sous la mer.

triton cityUn « premier » projet (le plus ancien que j’ai pu trouver dans mes recherches sur les habitats sous marins ou plus simplement « marins » est le projet américain « triton city » lancé  dans les années 60 sur une commande japonaise… qui aurait peut être pu voir le jour. En effet, cette résidence « de surface » mais en mer devait pouvoir héberger jusqu’à 5000 personnes et pouvoir supporter tsunamis ou toute autre catastrophe naturelle d’ampleur équivalente. Les administrations d’urbanisme et même la navy, donnèrent les permis, la ville de Baltimore elle même se déclara intéressée…
Jusqu’à ce que le gouvernement américain arrête tout.

On a  même commencé à réaliser ce rêve avec la construction d’un hôtel avec chambres tout confort et vue sur les coraux, devant une vaste forêt de gorgones : le Jules Undersea Jules undersea LodgeLodge en Floride, près de Key Largo, à 6 mètres sous l’eau.Pour celui ci prévoyez encore les bouteilles et le masque pour y accéder, mais pour le Poséidon Undersea Resort situé dans un lagon des îles Fidji, il a été prévu que deux tiers de sa surface sont transparents, permettant d’admirer les fonds marins du Pacifique. e 24 suites de luxe de 50 mètres carré, immergées à 15 m de profondeur avec  vue imprenable sur la faune et la flore marines, on y accède  depuis une plate-forme off-shore. Je n’ai pas les prix mais on peut s’imaginer qu’ils sont plutôt… stratosphériques.

Autre hôtel, l’Hydropolis Under Water Resort Hotel, est ancré à 20 mètres de fond et 300 mètres des côtes, dans le Golfe Persique. Imaginé par Joachim Hauser, il intègre un complexe de plus de 200 suites qui s’étend sur 75.000 mètres carrés et comprend un espace « land station » où les visiteurs sont accueillis sous un toit qui ressemble à la crête d’une vague géante. La mode semble lancée puisque la ville d’Istanbul projette  de créer un hôtel sous-marin en 2010, l’année où elle sera capitale de la culture. Construit le détroit du Bosphore, sur les ruines d’une ancienne manufacture de tabac datant de 1930, il intégrera restaurants, halls d’exposition et bien évidement vues sous marines même si selon les spécialistes à cet endroit la visibilité sous marine est limitée à quelques mètres..

Une créationde Jacques RougeriePlus sérieusement ce sont des architectes tels que Jacques Rougerie, pionnier de l’architecture sous marine (et probablement l’un des rares connus du grand public) qui imaginent une vie sous marin au delà de l’agrément temporaire d’un hôtel sous marin. Il a créé l’aquarium de Brest, Océanopolis, et celui de Boulogne-sur-mer, Nausicaa, participe aussi au projet de Musée d’archéologie sous-marine, lancé par l’Unesco et le gouvernement égyptien, au large d’Alexandrie en Egypte.

Dans cette perspective, il travaille sur  le « City of Ocean » à Abou Dhabi,  complexe touristique, prenant place au cœur du plus grand lagon semi-artificiel jamais construit pour l’homme devrait comprendre 180 chambres, à douze mètres de profondeur, des salles de conférence, un bar, un spa, des boutiques, des bureaux, un restaurant et aussi un amphithéâtre permettant de présenter des spectacles aquatiques. Il est surplombé, en surface, par trois tours géantes, en forme de coquillage, représentant les trois doigts du dieu Neptune. Il travaille aussi depuis 2005 au projet Sea Orbiter. Un projet mené en collaboration des spécialistes des grands fonds mais aussi d’anciens astronautes ou professionnels de la NASA, le projet n’a donc rien d’une lubie. L’objectif : créer une maison iceberg, robotisée et dérivante, pouvant accueillir 8 à 10 personnes pendant six mois sans avoir à remonter à la surface pour étudier comment le corps et l’esprit humain supportent ces contraintes. C’est aussi pour des biologistes, une  base pour observer les écosystèmes marins en direct et de prélever des échantillons de plancton. L’idée est d’avoir une base permanente d’où l’on puisse plonger comme on le souhaite. C’est enfin un bon laboratoire d’étude pour préparer des astronautes à la vie spatiale (isolation, promiscuité sur de longues durées)

L’autre mission de ce laboratoire est de mettre en situation les astronautes qui vont se rendre dans l’espace. Le module de vie est comparable à celui d’une capsule spatiale et permet de suivre le séjour des équipages ; le promiscuité, l’isolation, les sorties hors du module.

Autre projet d’habitat sous marin, celui développé par Hervé Bourgeois. Après une visite au Grand Palais pour voir l’exposition « Les trésors engloutis d’Egypte », lors de laquelle il est ému par la statue féminine sans tête de la déesse d’Egypte sans visage, Arsinoé III,  il imagine alors un habitat sous-marin accessible et futuriste. Lui vient l’idée d’un récif artificiel, « un édifice entre deux mondes, terre et mer pour ne laisser découvrir qu’une ’corolle’ affleurant la surface de mer« . Le concept technique est simple : un seau évidé en son intérieur permettant l’utilisation de son volume à l’air libre !

Un anneau sur lequel on accoste avec des embarcations légères, sur les parois des cabines avec vue, d’un côté, la Mer, de l’autre, un Jardin. Au centre de cet anneau, une pyramide vitrée capte les rayons du soleil pour les distribuer vers les cabines et les jardins en profondeur.

Enfin, un dernier projet celui du cabinet de design de Franck Darnet, spécialisé dans la conception de bateau, qui a imaginée une maison sous marine (ou maison aquarium). Ces maisons sous marine se situeront à environ 10 mètres de profondeur dans le respect de l’environnement, accessibles de la plage en bateau, en hélicoptère ou en sous-marin. Sur 340 m² comptez un salon, une cuisine et trois chambres à coucher, chacune avec sa propre salle de bains. Evidemement,une vue extraordinaire sur le fond sous-marin… si on est pas trop claustrophobe. La première maison de ces maisons, baptisée H2Ome, sera construite par les designers Franck Darnet et Karine Rousseau au nord du Guatemala avec un coque en acier pour résister au courant.

Le coût ?
Environ 10 millions de dollars.

On est loin des rêves steampunk à la Jules Verne, mais une « possible » démocratisation de ces habitats fera partie peut être du quotidien de nos descendants…

1 COMMENT

  1. Il n’est pas rare de voir des projets en images de synthèse d’hotels, musées ou maisons sous-marins.
    Mais savez vous pourquoi ces projets ne voient jamais la lumière du jour ?
    Quelles sont les complications d’une habitation sous la surface des océans ? Et qui ont été les pionniers de ces idées, n’hésitants pas à jouer de leur santé pour faire avancer la science ?
    Ocean 71 Magazine a mené l’enquête, venez découvrir le récit passionnant du tout premier aquanaute, aujourd’hui âgé de 81 ans: http://ocean71.com/fr/chapters/habitat-sous-marin-histoire-plongee-saturation/

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