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Ishiro Honda, papa de Godzilla et inventeur du Kaiju-eiga

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Pour les amateurs de cinéma japonnais ou de films de monstre, Ishiro Honda n’a pas vraiment d’équivalent en occident tant l’œuvre de ce cinéaste est celle d’un genre qui a connu un succès planétaire, inspiré des générations de spectateurs et sûrement une partie des réalisateurs d’animation japonaise. Ishirio Honda a inventé le film de monstres géants et la SF à la japonaise, ni plus ni moins…

Ishiro Honda est attiré dès son enfance par les milieux artistiques, surtout le cinéma. Après des études d’art à l’université, il est engagé à la PCL (major spécialisée dans le parlant) comme assistant réalisateur, notamment sur le chef d’œuvre de Sadao Yamanaka Pauvres humains et ballons de papier (1937), mais sa carrière est mise entre paranthèses pendant les 8 années qu’il devra passer dans l’armée, et son emprisonnement en Chine…  A son retour au Japon et intègre la Toho, toujours en tant qu’assistant réalisateur, entre autres d’Akira Kurosawa sur Chien enragé (1949). Mais le vrai tournant est sa collaboration sur les effets spéciaux auprès de Eiji Tsuburaya, un de ses créateurs les plus réputés  depuis la fin des années trente. Ensemble les deux hommes vont inventer  un mythe du cinéma, Godzilla (1954) ou Gojira en japonais (contraction de deux mots, gorira, « gorille » et kujira, « baleine »). Rien que cet acte fondateur du Kaiju-eiga (film de monstre) montre toute l’importance de ce réalisateur pourtant encore un peu oublié dans le cinéma mondial.Tout part de l’irradiation de l »équipage du Daigo Fukuryū Maru, un thonier japonais en mars 1954 est gravement  lors d’un test de bombe à hydrogène non loin des iles Marshal. Hoi.

C’est le producteur, Tomoyuki Tanaka alors dans une période creuse, qui à l’idée au retour d’un meeting à Jakarta  : faire le premier film de monstre géant japonais. Il alla voir Iwao Mori, alors chef de production à la Tôhô, et proposa donc son projet : une explosion nucléaire pourrait avoir réveillé un monstre endormi depuis très longtemps, et ce dernier déchainera sa colère contre le Japon. L’idée n’était pas seulement de faire un film de monstre japonais, mais d’apporter une réflexion  sur la bombe, son impact sur le monde et sur le Japon en particulier, en quelque sorte prendre date dans la conscience collective.

Si les trucages sont simplissimes (jouets, maquettes), Godzilla vire pourtant au phénomène mondial et le film connaitra de nombreuses suites, à la fois parce qu’il représente quelque chose de l’air du temps pour le Japon : traumatisme du passé de la bombe atomique, puis défenseur du pays contre non seulement les monstres étrangers, mais aussi les machinations politiques des USA et de l’URSS. Superstar de la Toho, Godzilla a combattu contre tous les monstres stars de la major tels que Mothra, Rodan ou Guidorah. Au travers de ces films c’est véritablement un genre que Honda va développer, même s’il alterne avec quelques film de SF  comme Prisonnière des martiens (1957), la bataille interplanétaire (1960), Matango (1963)…

. Vers la fin de sa vie, il collabora de nouveau avec Akira Kurosawa, son ami. D’abord comme assistant réalisateur sur Kagemusha (1980) et Ran (1985), puis en tournant quelques scènes des derniers films du maître, Rêves (1990) et Madadayo (1993).

2 Commentaires

    • Ah mais je confirme.. Bon certes toute les déclinaisons des godzilla sont parfois pas toutes au même niveau, mais Matango et Prisonnières des martiens valent les films de SF américains de la même époque.

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