Accueil Bandes dessinées Swallow me whole, une pilule amère aux vertues fascinantes

Swallow me whole, une pilule amère aux vertues fascinantes

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Elu meilleur Graphic Novel de l’année 2009 aux ’Eisner Award, le comics de Nate Powell Swallow me whole est la découverte du moment pour votre serviteur. Trop occupé pour m’y plonger depuis qu’elle a rejoint mes étagères, j’ai pu enfin profiter du week end pour me plonger dans les aventures de Ruth et Perry, deux ados américains… plutôt paumés dans leurs univers très personnels.

Si Ruth fait une fixation sur les insectes qui lui parlent (elle les collectionne dans des bocaux)et si Perry voit constamment un petit magicien au bout de son crayon qui lui demande de dessiner des choses et d’accomplir des « missions », ils sont des adolescents renfermés, souvent prisonnier de leurs mondes intérieurs… et ne se confient que l’un à l’autre.
Nous contre le monde quoi.

Si Ruth fait une fixation sur les insectes qui lui parlent (elle les collectionne dans des bocaux) et si Perry voit constamment un petit magicien au bout de son crayon qui lui demande de dessiner des choses et d’accomplir des « missions », ils sont des adolescents renfermés, souvent prisonnier de leurs mondes intérieurs… et ne se confient que l’un à l’autre.
Nous contre le monde quoi.
L’environnement familial n’est pas non plus très joyeux, entre une mère un peu sourde et une grand mère mourante…. Chacun s’enferme dans ses hallucinations,y compris cette grand mère qui perd doucement la tête. L’école n’est pas plus un lieu propice entre leur difficulté a se contrôler et leur solitude. L’amour n’est pourtant pas étranger à ce monde, mais la communication passe si mal que chacun vit dans sa bulle. Le dessin reflète bien ces dichotomies, oscillant entre noirceur et légerté.

Nate Powell est un dessinateur engagé, qui de par son métier cotoie des personne fragiles ou ayant des difficultés de développement intellectuel. On sent donc la justesse du propos en même temps que la tendresse qu’il a pour ses personnages. Cette justesse du propos est bien nécessaire dans une histoire parfois un peu obscure, Swallow me whole ne se lit pas comme une bd de détente, c’est une plongée dans l’esprit et la vie d’adolescents un peu dérangés, il faut s’accrocher pour ne pas perdre prise, mais la force du livre vous rend bien l’effort qu’il réclame.

Un livre à la conclusion sans mots, pendant 10 pages qui vous laissent pantois.
C’est un livre fort, beau, dérangeant, dur, triste, léger… pas loin d’un Lynch mais plus humain.

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