Accueil Bandes dessinées Soil d’Atsushi Kaneko, twin peaks chez les japonais

Soil d’Atsushi Kaneko, twin peaks chez les japonais

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S’il est paru pendant 7 ans (en fait, le dernier chapitre est paru en novembre 2010 dans Comic Beam #12 (un numéro évènement pour ce magazine, vu qu’il a  fêté son 15ème anniversaire à cette occasion) et  11 tomes, Soil n’a débarqué chez nous que l’an dernier grâce aux soins de l’éditeur Ankama. Soil est un manga assez à part dans la production générale japonaise…

La tranquille petite ville de Soil est secouée : une famille a disparu dans des circonstances très mystérieuses. Elle semble s’être évaporée soudainement sans laisser de traces. De plus, de gros tas de sel sont apparus chez eux ainsi que dans la cour de l’école. Deux détectives Yokoi et Onoda vont donc enquêter sur cette affaire hors du commun, mais les indices sont encore extrêmement peu nombreux, au contraire des phénomènes inhabituels qui semblent se multiplier et pour couronner le tout, le comportement de Yokoi envers Onodo est généralement… grossier.

On a avec ce premier tome l’impression de se retrouver pour le côté univers décalé absurde dans un épisode de Twin Peaks de David Lynch. Tout comme dans la série ce n’est pas tant l’histoire que la personnalité de qui va en premier nous accrocher : Onoda est une jeune lieutenant assez coincée et  Yokoi est un homme plus vieux, vulgaire, relativement omnibulé par ses odeurs corporelles…et qui ne sait pas s’empêcher de se gratter les parties lorsqu’il enquête. Les autres personnages de la ville sont eux aussi pas mal lotis, mais c’est surtout cette tension, cette anormale normalité de petite ville parfaite qui rapproche malgré toutes les différences entre ces deux oeuvres, twin peaks et Soil.

Graphiquement, les dessins ne sont en effet pas très conventionnels pour des mangas et se rapprochement plus d’un croisement entre Charles Burns (façon black Hole) et les visages de Geof Darrow (hard boiled). Très peu tramés, des traits noirs et clairs qui donnent une force et une personnalité au manga qui pourrait rebuter ceux qui sont trop habitués au dessin manga classique. Ankama a par ailleurs fait un bon travail d’édition, 230 pages, avec du papier épais, l’objet est lui aussi plaisant.

Entre les différentes pistes, les non dits et le cliffhanger final Soil a un charme bien à lui, qui accroche le lecteur… vivement le tome 2 pour se laisser un peu plus embobiner par les mystères vénéneux de cette petite ville trop parfaite pour être vraie.

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