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Mechalove : les japonais et les robots

Pour tout ceux qui connaissent un minimum l’animation japonaise, l’importance des robots est telle que c’est une genre à part entière le « mecha » dans l’animation et qu’elle fut à la base du boom du manga. Cette relation n’est pas nouvelle… l’affection japonaise pour les robots remonte à l’ère Edo ( 1603-1868 ) et ses premiers automates ou  « poupées automatisées » . Les Karakuri-ningyō ( poupées mécaniques ), avaient pour fonction d’amuser le peuple à certains festivals  et la superstition voulait  qu’elles bougeaient grâce à un esprit qui pénétrait le mécanisme et lui assurait un déplacement proche de celui de l’être humain. Construites en bois,  et animées par un mécanisme d’horlogerie elles eurent même leur théâtre, le Takeda-za, à Ōsaka dès 1662.

Dans les années 1920, alors que  la mécanisation de l’ industrie bat son plein, la culture populaire est riche en films, bandes dessinées et littérature consacrées aux « robots » en témoigne cette photo (de 1932, dont on ne sait finalement pas grand chose) d’un inventeur à côté de son robot, dont on imagine qu’il tient plus de la décoration qu’autre chose.

Ce sera surtout à partir de 1952 avec la création d’astro le petit robot d’Osamu Tezuka que l’ampleur de cette « attirance » va prendre une autre dimension. Le succès de cette œuvre, et au delà de celle son héros, va faire du robot au Japon un acteur incontournable de la culture (cinéma, animation, manga). L’ombre d’un Godzilla masque à nos yeux l’importance prise par les robots en temps qu’acteur inconscient et central de l’imaginaire japonais. Ce sera ensuite en 1956 Tetsujin 28-go qui sortira en animé, et sera le tout premier « mecha » dont le succès soit réel au Japon, (il sera connu  sous le nom de Gigantor aux US mais ne percera jamais réellement). Si quelques animés surfent ensuite sur la même vague, aucun ne connaitra le même succès avant 1963 et l’adaptation animée d’astro : Astroboy.

Ce sera pourtant l’apparition de Cyborg 009 dans un film sous le nom de ( Cyborg 009 Kaishû Sensô ) en 1967 qui va ouvrir la voie a toute l’animation japonaise. Le successeur sera Mazinger Z (1972) , premier « robot géant qui connaitra lui aussi  un gros succès au japon, mais sera boudé a l’étranger pendant un certain temps. Il faut donc attendre 1977 pour que le succès dépasse les frontières mais surtout qu’au Japon on par le d’un « boom » avec des titres tels que Space cruiser Yamato, ou encore ( Space Battleship Yamato ) qui vont convaincre les industriels de promouvoir leurs créations hors des frontières.

Ce sera dés 1978 avec Goldorak ( UFO Robo Grendizer ) de son vrai nom, dernier volet d’une trilogie imaginée par Go Nagai mettant en scène des robots géants qui connaitra un succès immense notamment en France (tous les trentenaires peuvent en témoigner.. L’année suivante un nouveau tournant : l’apparition d’un nouveau style et d’une animation différente avec le premier Gundam. Ce ne sont plus des grands robots mais des « transformers », le design des machines change véritablement. Suit en 1982, Macross et l’année suivante Armored trooper Votoms qui se différencie de tous ses prédécesseurs par le réalisme des combats, sans concessions.

Dans le même esprit que Gundam sortira dans les années 80 robotech. C’est en 1988, en même temps que l’immense Akira qu’on verra apparaitre Gunbuster et le début du cyberpunk. En 1995, Evangelion apporte une dimension supplémentaire : animation superbe, scénarios impressionnants, ampleur inédite du propos. Quelques années plus tard, l’ultime évolution, Ghost in the Shell, et ses cyborgs métaphysiques bouclent le cycle.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le robot n’est pas considéré de la même façon au Japon ( où il est perçu comme plutôt sympathique) et en occident où on le perçoit comme une menace latente qu’il s’agisse de remplacer la main d’œuvre humaine ou d’asservissement, l’imaginaire de Matrix en témoigne très bien. La robotique est une industrie sur l’archipel : en 1973, Waseda sort le WABOT-1 (contraction de WASEDA et de roBOT), le 1er humanoïde « intelligent », doté d’un système de vision et de conversation qui lui permet de communiquer (en japonais), de marcher mais aussi de saisir des objets avec ses senseurs tactiles.

En 1984, le WL-10RD peut monter des marches d’escalier et C’est un progrès énorme, car ce type de mouvement nécessite que le robot déplace son centre de gravité et tienne en équilibre sur un pied pendant un moment puis en 1995, Waseda termine le WABIAN. qui possède 2 caméras qui font office d’yeux, et de capteurs partout. Il est l’aboutissement de plusieurs dizaines d’années de recherche. Enfin Depuis l’an 2000, les robots sont conçus pour vivre avec l’Homme, tels ASIMO de Honda ou SDR-3X de Sony. Asimo regarde son interlocuteur et peut répondre à une poignée de main. Le chien AIBO, un animal virtuel créé par SONY, voit le jour à la même période.

Le robot est souvent construit « humanoïde » et est considéré comme un « auxiliaire de service » (l’animé Patlabor en est l’une des émanations les plus claires). Le robot accompagne ou aide l’homme. Il lui ressemble parfois jusqu’au mimétisme ( avec Actroid DER2 appelé androïde réaliste, Kokoro et l’université d’Osaka ont développé un androïde qui regarde, parle et déplace sa tête, bras, mains, et corps avec un corps très « humain »).

L’ultime mission pour les robots japonais c’est le programme de robots lunaires lancé par

L’Agence spatiale japonaise JAXA avec 2.2 milliards de dollars US de budget pour financer le développement d’une famille de robots qui iront explorer la Lune d’ici à 2020. Ces derniers pèseront environ 300 kg et seront équipés de bras pour prélever des échantillons, des panneaux solaires pour les alimenter en énergie, des appareils de mesure sismiques et naturellement des caméras vidéo haute définition. Semi-autonomes, ces robots seront dirigés depuis la terre et ils jetteront les premières « pierres » d’une base lunaire, qui pourra accueillir des humains dans le futur.

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