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Lord baltimore tome 1 : Quarantaine de Mike Mignola et Ben Stenbeck

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Le nom de Mike Mignola est il à lui seul la caution d’un bon livre…. cette fois encore, je dirais plutôt oui, mais il n’est pas le seul à l’origine de la réussite de ce premier tome des aventures de Lord Baltimore puisque Lord Baltimore est d’abord un roman écrit par Christopher Golden, Mignola se contentant dans un premier temps de l’illustrer. Par la suite, ils ont travaillé ensemble à son adaptation en comics avec Ben Stenbeck au dessin.

On retrouve avec un certain plaisir l’univers de Mignola, pas si éloigné de celui de Hellboy quand bien même le héros est ici plus humain et confronté à une menace moins apocalyptique, mais tout aussi terrible, celle des vampires.

1916. Un étrange mal décime les populations et a mis fin à la Guerre. Mais on peut difficilement s’en réjouir puisque les villages sont l’un après l’autre atteints par la maladie, et que, pour couronner le tout, les hommes doivent faire face à une invasion de vampires, plus mortels encore que le virus.

Lord Henry Baltimore était dans les tranchées, et aujourd’hui il traque sans relâche un vampire en particulier. Sans doute le plus dangereux. Leurs destins sont irrémédiablement liés, et pour avoir une chance d’en finir avec la culpabilité qui le ronge, tout en calmant sa soif de vengeance, il doit le retrouver.

Du point de vue de l’histoire ce premier tome est une agréable mise en bouche, même si elle reste un peu cela, une première bouchée qui donne envie de goûter au reste du plat. S’il n’a pas l’ampleur « biblique » d’un hellboy, Lord Baltimore reste un personnage fort, à la fois parce que son humanité, même atteinte par la guerre et la malédiction qui pèse sur lui le rend tout aussi tragique qu’héroïque, mais aussi parce que l’humour de son cousin laisse ici la place à quelque chose de plus subtil entre désespoir et destinée. On reste dans un univers de sorcellerie, de vampires et de monstres, on aura même l’impression de retrouver quelques personnages ou créations des albums du BPRD… mais pas de redite, ici il ne s’agit pas de sociétés secrètes qui cherchent à transformer le monde, mais d’un monde transformé par la guerre, par une maladie, une peste qui ronge les âmes autant que les chairs. Sombre et violent, ce tome ne vous en réserve pas moins quelques scènes de combats dantesques, l’imagination des auteurs et le dessin de Stenbeck apportent à celles ci des planches splendides.

Parlons du dessin justement… Pas si éloigné de celui de Mignola tout en étant plus « classique », Stenbeck impose peu à peu sa patte à l’univers mignolesque. Les visages sont bien reconnaissables, et le trait durant les scènes de bataille est dynamique. Les couleurs sont un peu à l’avenant de l’histoire, plutôt sombres malgré des surgissements de rouges, sanglants… Certaines planches sont vraiment impressionnantes et se rapprochent de celles qu’on aime chez le « maître » mais ont réellement leur personnalité.

Un univers mignolesque, des personnages et une histoires plus sombres, un dessin avec une vraie personnalité, ce premier tome de Lord Baltimore convainc définitivement, et apporte une nouvelle pierre à l’édifice d’un artiste qui renouvelle ici son univers, mon « Cthulien », plus humain…

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