Accueil Bandes dessinées L’histoire du manga : 1000 ans de manga de Brigitte Koyama-Richard

L’histoire du manga : 1000 ans de manga de Brigitte Koyama-Richard

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Sans vouloir faire trouver un « début » à l’histoire de la bande dessinée, le livre de Brigitte Koyama-Richard, «Mille Ans de mangas», permet de faire remonter les sources du mangaaux  rouleaux peints du XIe siècle, voire dans les caricatures graffitées au VIIème siècle sur les plafonds du temple Horiyuji.

Cette forme d’expression chère aux ados du XXIe siècle fait écho, en réalité, à des œuvres très anciennes. La stylisation des lieux comme des personnages, une constante, depuis toujours, de l’art japonais, se prête à tous les jeux graphiques. Mais surtout, ce que révèlent les confrontations esquissées dans ce volume, c’est qu’il y eut, au fil des siècles, comme un fascinant jeu de miroirs entre le Japon et l’Occident.

Au passage, l’un des chapitres les plus passionnant est consacré aux estampes et aux livres de la période Edo. On y découvre en particulier les étranges «visages recomposés» d’Utagawa Kuniyoshi (1797-1861), portraits constitués de «l’assemblage» d’une série de personnages, mis en parallèle avec les célèbres «Portraits d’Adam et Eve» peints en 1578 par Arcimboldo. Rencontre, coïncidence… ou réelle influence? On y croise aussi beaucoup de monstres et de « grotesque »  mais c’est au XIXème siècle, Hokusai, le célèbre peintre d’estampes surtout connu chez nous par sa « vague », est le premier à susciter l’emploi du terme de «manga». Entre les «Trente-six vues du Mont Fuji» et la «Grande vague à Kanagawa» c’est une vision quasi-cinématographique qui ouvre un nouvel age, c’est aussi le début d’une fascination de l’occident pour le Japon

Enfin, l’un des plus intéressants chapitres est consacré au maitre Tezuka Osamu (1928-1989), le premier «mangaka» à avoir élevé le genre à la hauteur d’un art, l’inventeur du manga dans sa forme actuelle, rien de moins.

Aujourd’hui les mangas sont devenus une partie de notre culture planétaire,dans l’art contemporain avec Takashi Murakami, tout comme les comics made in USA étaient entrés dans l’art moderne avec Lichtenstein, les films du studio Ghibli sont reconnus au même niveau que des grands classiques, et ce ne sont plus les adolescents mais toutes les générations qui se retrouvent autour de ces films, plus rarement des oeuvres dessinées.

A Kyoto, le manga a désormais son musée, situé tout près de l’ancien palais impérial, mais  «Mille ans de mangas», montre combien il est vivant et florissant, un livre très complet et très érudit sans être lourd, un plaisir pour le passioné de bande dessinées, comme pour le passionné du Japon, une oeuvre d’intérêt général pour tout ceux qui ont l’esprit ouvert à ces arts.

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