Accueil Bandes dessinées Les parodies de Tintin

Les parodies de Tintin

0 6393

Si aujourd’hui avec le nouveau film de Steven Spielberg etPeter Jackson, Tintin,  va conquérir de nouveaux publics, il a depuis plusieurs générations conquis les lecteurs francophones… et comme tout grand succès, le héros a connu aussi… un certain nombre de parodies et détournements.

Après les couvertures imaginées de Tintins par Murray Goat et par d’autres... voici donc un nouvel exemple de l’inspiration qu’a apportée l’œuvre d’Hergé aux créatifs et dessinateurs.

L’histoire des parodies de Tintin commence… avec celle des éditions pirates de sa première aventure : Tintin au pays des Soviet. Seul album n’ayant pas été repris en couleurs par Casterman, la popularité des aventures de son personnage poussa Hergé (après une réédition hors-commerce de 500 exemplaires numérotés, en 1969, qui fait écho au 500 exemplaires de la première édition), à attaquer devant les tribunaux.  En 1937 on retrouve une parodie de Tintin dans une petit bulletin hebdomadaire belge « L’ami du Patro » qui transformait quelques vignettes de Tintin au Pays de soviets.

Dans les années 1970,une demande croissante entraina une production d’éditions pirates de qualité douteuse et hors de prix, et Hergé voyant qu’il ne pouvait par les voies légales stopper le mouvement décida de le publier dans les Archives Hergé. Sans succès, les éditions pirates s’améliorèrent et  Casterman dû publier un fac-similé en tout point semblable à l’original en 1981 (qui connu un grand succès pour faire enfin baisser la demande des versions « pirates ».

Si Tintin au pays des Soviets fut le premier, plusieurs autres albums de Tintin furent l’objet d’éditions pirates : éditions en grand format du Temple du Soleil tirées des planches de Tintin, Le Naufrage de la Licorne, reprenant les strips du Soir et des hors-texte en noir et blanc, des planches annotées du Lotus bleu, etc. Un éditeur d’Istanbul publia même vingt-deux petits albums plus ou moins inspirés des originaux, plongeant parfois Tintin dans des aventures pour le moins étranges dans un univers proche de celui de Flash Gordon (source Wikipedia).

Depuis Le Petit Vingtième (dans lequel on invitait les jeunes lecteurs à publier leurs dessins « à la manière d’Hergé ») Tintin fut repris et détourné, les parodies sont devenues un véritable univers parallèle.. Depuis  « Les Aventures de Tintin et Milou au pays des nazis » publié dans l’immédiat après guerre à l’Internationale situationniste qui en 1972 qui réalisa des parodies conservant le dessin original mais modifiant les textes : « Le Capital aux pinces d’or » et « La Route du Soleil ».

Cette pratique n’est pas qu’européenne puisqu’en 1980, le magazine satirique américain National Lampoon a publié une parodie intitulée Tintin in Lebanon et diffusée en France dans le magazine Rigolo, où Tintin est invité par le vice président américain George Bush à lancer un missile nucléaire sur Beyrouth…

Nombre d’auteurs ont rendu aussi hommage à leur façon, de Cabu à Moebius et Wolinski mais c’est surtout avec  » La Vie sexuelle de Tintin » de Jan Bucquoy qu’on entre dans le domaine de la parodie. De Tintin en Thaïlande, à Breaking Free de J. Daniels  (dans lequel Tintin devient un activiste d’extrême gauche) ou au travail d’Exem (qui se distingue par la qualité graphique et scénaristique) : Zinzin maître du monde et Le Jumeau maléfique (Éditions Tchang, Genève 1984). La palme revenant tout de même à Harry Edwood dont les planches de La Voie du lagon sont capables de mystifier bien des lecteurs.

Si de façon générale on connait la fondation Hergé pour son zèle procédurier parfois jusqu’à l’absurde, c’est en 1999 qu’elle a su surprendre en autorisant pour le festival d’Angoulême et le 70e anniversaire de Tintin, la parution d’un pastiche de Didier Savard, intitulé Objectif Monde. Cette courte histoire de 24 planches est riche en références historiques et l’univers d’Hergé dans son entier est exploité au fil des pages avec subtilité. La qualité de l »intrigue et du dessin participèrent au succès de cette œuvre.

En février 2011, la revue d’art Collection publie sur son blog officiel un détournement de l’album Tintin au Congo sous le titre Tintin au Congo à poil1. L’album y est repris intégralement avec un unique changement : Tintin est représenté nu durant toute l’aventure, portant seulement ses chaussures et parfois un chapeau.

Il faut aussi signaler le succès particulier des postiches de Tintin chez les auteurs québecois. Le côté boy-scout  est parodié sans limiteen réaction à une société québécoise qui fut longtemps plutôt pesante. C’est surtout Yves Rodier qui ouvrit la voie à 17 ans en décidant de finir le mythique récit de l’Alph-art. Son travail est plus proche de la pastiche que de la parodie, c’est à dire qu’il ne se moque pas de Tintin mais l’imagine, ce sera : « Tintin reporter pigiste au XXe » ou « le Lac de la sorcière »,  « Thermozéro » ou « Un jour dans un aéroport ».

Par ailleurs, ce sont des journaux tels que CROC notamment sous le crayon du dessinateur Moerell qui réinventa le plus Tintin. Ainsi, dans un épisode publié en mai 1985, son personnage du nom de Rock Moisan (détective de profession) adopte un look à la Tintin. Il prend le nom de Roch Moisin et on lui colle même un chien qui porte le nom de Tilou… On y croise Madame Castagnette (avec Irma!), le professeur Parassol, le capitaine Hardrock, et le dessinateur se fait plaisir, graphiquement et dans ses histoires délirantes.
Deux albums reprennent l’ensemble ded  épisodes : « Les aventures de Tintin au Québec / Métamorphoses » et « Les aventures de Roch Moisin / Usurpation d’identité ».
D’autres auteurs au travers de Croc publièrent par exemple : « Toto le Bosniaque », « Tintin à Drummondvile » ou bien encore « Couches en Stock » qui éclaire l’invention du nom Tintin … selon son auteur (Caroline Mérola).

Pour plus d’infos sur ces pastiches, il y a un site référence : Tintin est vivant

Voici enfin une sélection des couvertures des parodies de Tintin

[svgallery name= »tintin »]

NO COMMENTS

Leave a Reply