Accueil Bandes dessinées Julia et Roem d’Enki Bilal, une tragédie mineure

Julia et Roem d’Enki Bilal, une tragédie mineure

0 1513

Enki Bilal c’est celui qui a fait naître en moi le goût de la bande dessinée « adulte ». Astérix, Tintin, Gaston… ont été les premiers, mais Bilal c’est le coup de foudre, une dimension à part, un univers unique qui me parle et me fascine… Et si depuis ma bibliothèque s’est ouverte à de nombreux autres volumes, les œuvres d’Enki Bilal restent un répère sûr… Alors la sortie d’une nouvelle œuvre de ce dessinateur phare de la bd française, qui plus est dans l’univers post apocalyptique météorologique d’Animalz… c’était une évidence.

A l’arrivée… ce Roméo et Juliette façon Enki Bilal ça donne quoi…
Une relative déception. L’adaptation de Shakespeare par Bilal c’est un truc qui se fantasme, le passage à la réalité a été un peu cruel.

Un aumônier en Ferrari solaire recueille deux jeunes hommes (Roem et Merkt) perdus dans ce désert mutant du post « coup de sang » (Roem et Merkt) et découvre avec eux un château fantomatique (un ancien hôtel abandonné, jamais terminé, façon folie moyen orientale) et ses quelques habitants. Dont la belle Julia/juliette . Évidement, tragédie et respect de la pièce obligent Roem et Julia tombent amoureux au premier coup d’oeil, Merkt/Mercutio est tué par Tybb/Tybalt, puis Roem se venge. Et l’ombre de la mort avance sur la passion naissante…

L’idée n’est pas mauvaise, mais trop « légèrement traitée, manquant d’audace, de profondeur et peut être d’originalité.

Pour un auteur qui invente des mondes depuis ses premières cases, celles ci sont un peu trop « classiques », l’histoire restant malgré son origine fastueuse le point faible voir à la limite de la caricature. On n’accroche pas à ses personnages, trop superficiels et poseurs, stars d’un spectacle mort né. Il devient alors plus difficile encore de s’intéresser à la tragédie des amants maudits…

Certes le dessin reste toujours magistral, la touche Bilal est un bonheur  : dessin au crayon sur papier de couleur, les formes et les visages, les brumes et les paysages anxiogènes sont toujours présents. Mais le résultat final manque d’inspiration. Les dialogues en vers, si on en comprend la logique ajoutent à ce montage trop instable qui fait peut être de Roem et Julia le livre le plus faible d’un auteur majeur.

NO COMMENTS

Leave a Reply