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Bienvenue à Hoxford de Ben Templesmith

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Ben Templesmith fait partie de cette école australienne du comics qui nous a livré ces dernières années quelques trucs bien barrés, de Tank Girl a Pobot… mais Templesmith avec son trait distinctif et son penchant jouissif pour l’horreur est un créateur à part. Ambiances de fou, couleurs éclatantes, monstres, on n’a pas oublié son travail magnifique sur 30 jours de nuit (premiers tomes) ou bien encore sur Wormwood… On sent qu’encore une fois l’auteur s’est fait plaisir même si après les vampires et les zombie il change de registre … ou plutôt d’espèce…voire… d’espèces au pluriel.

Le personnage central est un psychopathe, Raymond Delgado qui rayon folie est chargé, la faute a une enfance pour le moins traumatisante, suivi d’un engagement dans l’armée.. avant que ses multiples psychoses ne le fassent enfermer. Une fois de trop, Delgado a décidé de mordre un bout de son compagnon de cellule, une fois de trop il a tué… Il va donc être transféré dans le terrible pénitencier d’État appelé Hoxford avec un groupe d’autres pervers aux goûts varies : nécrophile, pédopile, cannibale… Bref, on enferme ensemble tout les plus cinglés dans une ultra prison aux mains d’une étrange corporation russe, le système se débarrasse de ses plus ingérables pensionnaires en les stockant là bas… Lorsque le Docteur Jessica Ainley demande au directeur d’Hoxford la permission de voir Delgado, son patient, elle se heurte à un refus malsain. A force de vouloir se heurter à ce système elle va découvrir que cette prison est un enfer bien pire que les autres… et pour cause, les matons… ne sont pas tout à fait ce qu’il semble, surtout lorsque la lune est pleine.

Monstres contres monstres, mais pas seulement car sous la lente mis en place de l’histoire et avant que la chasse ne commence, c’est la folie de son personnage et l’univers carcéral qui font « le mal » plus peut être que les monstres, entre animalité « naturelle » et animalité « sociale ». si cette œuvre est assez courte, elle est aussi dense et si l’histoire se lit asse vite elle est riche en symboliques. La « simplicité » apparente de son histoire,dans son déroulement (pas de surenchère gore, les scènes brutales sont fortes mais ne sont pas le centre de l’histoire) permet à l’effroi d’être plus rampant, plus malsain, les scènes choc ou choquantes ne sont pas le fond de commerce d’un Templesmith qui rend Delgado aussi sombre que solaire.


Fou, c’est absolument sûr, mais pas « pervers », une humanité abimée, tordue, capable d’une forme étrange et sincère de caritas, de compassion sincère pour son médecin, la seule qui a chercher à lui apporter un peu de cette humanité, de cette gentillesse que la succession de traumatismes que fut sa vie ne lui a jamais permis de connaitre. On ne peut pas vraiment parler d’amour, pas au sens normal ou habituel du terme et pourtant dans cet univers crépusculaire, carcérale et malgré la mort et le sang, il y a comme une lumière qui émane de lui, qui émane de cette histoire si sombre.

Les dessins alternent entre ténèbres et jaillissements de couleurs, comme toujours chez Templesmith, les gueules sont fortes, et le mélange de dessin et de peinture qui fait son style marche ici a merveille, car peut être plus que dans ses premières oeuvres, le trait est plus travaillé, plus net et c’est peut être là aussi bien du point de vue graphique que du scénario son oeuvre la plus aboutie. Malgré l’horreur, malgré la folie de son personnage, on s’attache à lui… un beau tour de force.

Petit bonus, le fan film d’une vingtaine de minutes inspiré de cet album… une réussite visuelle de très grande qualité que l’on doit au français Julien Mokrani

Welcome to Hoxford, the fan film par JulienMokrani

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