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American Vampire, un comics qui apporte du sang neuf

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Depuis quelques temps… le vampire avait tendance à devenir un emo, alors que son truc ça serait plutôt l’hémo(globine) à la base… mais bon, trêve de jeu de mots foireux, ces derniers temps, à la suite de la vague twilight, le vampire était devenu un truc pour midinettes, oublié les flips provoqués par les dracula des années 30 à 60, à peine si les canines des « 30 jours de nuit » perçaient la sirupeuse couche de niaiserie rajoutée par « the vampire diairies » dans l’imaginaire vampirique…  Comme l’écrit très bien Stephen King dans sa préface à cet excellent comics « il est temps qu’ils fassent peur à nouveau » (Stephen King qui d’une préface a fini par écrire un chapitre entier du livre, et s’est visiblement bien amusé !)

Et de ce point de vue, le héros de American Vampire : sang neuf est un vrai bâtard, un vampire chasseur, à l’ancienne.

Kinner Sweet est un hors-la-loi, une vrai pourriture, froid, calculateur, qui ne s’embarrasse pas de remords d’avoir flingué un gamin… mais qui est assez pervers pour envoyer une bouteille d’alcool empoisonné à la femme d’un homme qu’il va essayer de tuer, juste pour le fun. Malgré tout, l’agence Pinkerton a mis un terme à sa carrière de criminel et l’emmène à la prison où on va le pendre… c’était mal connaître le bonhomme… qui manigancée son évasion.  le tueur reçoit une goutte de sang dans l’œil. Dans la bagarre qui s’en suit, il est mordu par un vampire et reçoit du sang dans l’œil. Une petite goutte qui va changer à tout jamais sa nature. Et amener une nouvelle race de vampires à voir le jour… dans tous les sens du terme. Car celui ci ne craint pas le soleil.

45 ans plus tard, en 1920, deux jeunes filles débarquent à Hollywood où les lumières du cinéma naissant attirent déjà de jolis papillons et de vilains messieurs. Qui n’en veulent pas qu’à leur jeunesse. C’est donc dans cette Amérique industrielle des années 20 que Scott Snyder plante le décor de son histoire, une Amérique pas tout à fait encore sortie de la sauvagerie de l’ouest et pas encore vraiment rentrée dans celle du capitalisme moderne. L’Amérique des Hobo, d’avant la crise de 1929, en plein essor dans laquelle notre vampire mord à pleine dents.

Ce n’est pas juste le mélange du mythe vampirique et de l’ouest qui fait le charme et l’originalité de cette histoire, c’est le fait de retrouver un vampire bien vicieux qui n’est pourtant qu’une bête comme un autre, qui se nourrit, même si dans son cas c’est du sang de ses congénères. C’est aussi l’utilisation très intelligente du décor (l’époque fin XIXe à début XXe) qui apporte une vraie force au récit, et une originalité à l’œuvre. C’est une Amérique de vampires, une lutte sans concession entre les anciens et les nouveaux, entre la vieille perversité européenne et la violence/ cruauté décomplexée de la « jeune » Amérique.

Visuellement le dessin de Rafael Albuquerque est nerveux, agréable à la lecture avec de beaux aplats, de vraies « gueules » pour les personnages et un dynamisme pendant les scènes d’action qui rendent bien. Les vampires les plus jeunes ont un vrai aspect de monstres notamment quand ils attaquent qui apportent encore plus de force au récit. C’est notamment le travail sur la couleur, plus sur certains passages que d’autres qui m’a plus particulièrement plu, il faut d’ailleurs regretter de ne pas avoir les couvertures des version US en plus grande taille en bonus car elles valent le coup d’oeil. Graphiquement, American Vampire est un comics aussi réjouissant que son très bon scénario. Encore une fois Vertigo montre la qualité de ses choix éditoriaux.

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