Accueil Bandes dessinées Abara de Tsutomu Nihei, noir, énigmatique, somptueux…

Abara de Tsutomu Nihei, noir, énigmatique, somptueux…

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… un peu à l’image de l’œuvre de ce mangaka dont cet opus en deux livres constitue une bonne entrée (vu que Blame ! c’est quand même une dizaine de volumes). Tsutomu Nihei est un peu à part dans la production générale manga… scénarios violents et minimaux, univers sombre et urbain façon post apocalyptique (on sent là l’influence sur le monsieur de ses études d’architecture qui font de ses décors de vrais éléments de l’histoire). Nihei c’est pas pour les enfants soyons clairs. La noirceur est présente dans le propos comme dans le traitement, noirceur de l’histoire comme des créatures, des décors écrasants comme des destins. Les univers de Nihei font un peu penser à la première fois qu’on voit Alien, un univers claustrophobique, glauque, décrépit …

Ce qui frappe en premier, c’est ce trait, dense, énergique, sombre, la marque de son auteur, qui au travers de ses différentes œuvres décline cet univers, un monde gigantesque, écrasant, où s’agitent des monstres, entités, puissances aux contours mal définis. Abara n’échappe pas à cette règle, la fureur dispute aux ténèbres. Des créatures mutantes, les « Shi­ro­gau­nase » se mé­ta­mor­pho­sent et sèment la ter­reur dans une cité fu­tu­riste. Face à eux d’autres créatures, invoquées par une étrange police parallèle / église politique en l’occurrence l’un d’eux, le « héros ». Par­tant de sa co­lonne ver­té­brale, une ar­mure faite d’os­se­ments in­des­truc­tibles l’en­ve­loppe et le combat commence… Un homme et une femme, celle là même qui est venu demander au « héros » de redevenir cette bête pour combattre, vont tenter de trouver la réponse à cette folie.

C’est l’histoire d’un combat entre deux monstruosités, l’une « contrôlée », l’autre sauvage, dans une ville qui tient rapidement plus du champ de bataille, on en sait peu sur les uns et les autres, d’où viennent ils ?
Pourquoi existent ils? L’important n’est pas là… C’est une constante de Nihei, on en sait peu sur comment on en est arrivé là, l’important est de survivre, coûte que coûte. Monstre blanc contre monstre noir, absolus opposés,  scènes d’actions quasiment cinématographiques, la bestialité des créatures en combat et de leur apparence, frappante, la violence qui semble omniprésente, tout cela n’est pourtant pas la seule image que l’on conserve de cette lecture. L’inventivité en terme de personnages (voire le bernard l’hermitte), de design des monstres, de la cité,  donne à comprendre l’importance prise par ce mangaka à l’univers si personnel par rapport à une production pléthorique.

Court (2 tomes) cette œuvre de bruit et de fureur permet d’approcher le travail de Nihei sans se plonger dans une lecture plus longue, et peut être plus contemplative (avec tout autant de violence pourtant) de Blame ! qui ne vous donnera pas beaucoup plus de réponses sur le où, le quand, le qui ou le pourquoi, mais à l’univers tout aussi cauchemardesque mais impressionnant de maîtrise

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