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Les villes souterraines, d’un rêve d’urbaniste à une réalité future?

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Au delà des quelques rares habitats creusés dans la roche ou des vestiges jordaniens, l’idée de vivre sous terre n’a pas eu un succès urbanistique évident.
Construction de parking, de circulations sou­terraines, de protections d’usines ou d’ouvrages militaires, une vérita­ble conquête du sous-sol est commencée.

Les tunnels et les passages souterrains sous les villes et sous les fleu­ves se multiplient même si dans le cas de certaines (Paris, New York) une « circulation » souterraine existait déjà, beaucoup de grandes villes du monde développent cet aspect.. , ou de grands magasins.

La vie souterraine existe donc déjà, mais il s’agit dans tous ces cas d’architecture souterraine et non pas d’urbanisme souterrain. Il est certain que, comparé à l’air vicié respiré dans les grandes villes modernes, l’air ponctuel et la climatisation des villes souterraines seraient certainement moins malsains. Restent bien sûr à éliminer la claus­trophobie et cette peur de la vie souterraine qui doit être aussi ancienne que l’homme.

Conquérir le sous sol, l’urbaniser a été l’idée fixe d’un homme :Edouard Utudjian. En 1933, âgé de 28 ans, Utudjian fréquentait l’atelier d’Auguste Perret et suivait assidûment les conférences de Le Corbusier.

« Utudjian envisagea alors de former un groupe qui étudierait spécialement les principes d’une architecture souterraine, qui s’efforcerait de prouver qu’en coordonnant ces différents travaux souterrains un vérita­ble urbanisme souterrain pouvait naître. Ainsi naquit le GECUS – Groupe d’Etude et de Coordination de l’Urbanisme Souterrain qui a compté près de 400 membres dans le monde entier: ingénieurs, architectes, géolo­gues, juristes, biologistes, chimistes, géotechniciens, etc. Pour relier ces spécialistes de la construction souterraine, le CPITUS, Comité Permanant International des Techniques et de l’Urbanisme Souterrains, a organisé des congrès à partir de 1937.

Le GECUS s’attacha d’abord à des objectifs limités en préconisant, par exemple, la construction en sous-sol des cinémas, parkings et ouvrages pour la protection civile. Puis, par la voix d’Utudjian, le groupe recon­sidéra entièrement le principe de la ville et préconisa une cité à trois dimensions. Si les architectures souterraines se multiplient, l’urbanisme qui devrait guider, réunir ces différents travaux souterrains est encore de la prospective. A la surface du sol, un véritable urbanisme est excep­tionnel. En sous-sol il est pratiquement inexistant. Si, dans sa première vision, Edouard Utudjian concevait une gigantesque ville souterraine, il ne préconise plus l’habitat en sous-sol et ne con­cevait la vie souterraine que temporaire. Mais en revanche les éléments urbains qu’il voit en sous-sol sont considérables.

On conçoit combien une ville libérée au sol de toutes ses servitudes pour­rait être aérée, claire, saine. Par contre, l’architecture souterraine devrait présenter elle aussi des garanties d’hygiène aussi morales que physiques. C’est-à-dire que l’esthé­tique de l’architecture souterraine devrait rassurer l’occupant en accusant la solidité de la structure et, d’autre part, évoquer la légèreté et l’élancement des constructions en surface pour éviter la claustrophobie. Des maquettes judicieusement placées pourraient remédier au manque de vision des volumes de l’architecture. Enfin, les couleurs joueraient un rôle important en modifiant les ambiances et les proportions des salles. Une ville souterraine a failli être réalisée à Pittsburgh aux Etats-Unis, et, si ce projet a été metro parisien, vision du début du XXe siecleabandonné, il n’en a pas moins été étu­dié dans tous ses détails. »

source : http://utopies.skynetblogs.be/post/6593921/villes-souterraines

Aujourd’hui les projets de ville souterraine sont comme souvent dans les projets un peu grandiloquents passés dans les mains de visionnaires… ou de militaires. Enfin, pas tout a fait des militaires mais une administration américaine au statut très particulier, la FEMA. Le célèbre « Mount Weather », creusé dans la montagne et qui connu sous l’administration Bush, post 11 septembre un regain d’activité, n’est que l’un des sites, e site « R » de Fountain Dale en Pennsylvanie, a deux pas de Camp David, ou bien encore de nombreux autres sites… pour en savoir plus, un article un peu « flippé » mais aussi un peu flippant : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/fabricants-de-terreur-2-les-villes-56130 sur tout ces complexes souterrains que les gouvernants et les militaires se sont construits…

Mais restent des visionnaires, ou peut être seulement des urbanistes qui imaginent la nécessaire adaptation à un réchauffement planétaire. D’après une récente étude, le sud-ouest des Etats-Unis devrait opérer une transition dans ce siècle vers une sécheresse perpétuelle en raison des changements climatiques. L’exposition Sans Eau – Technologies Innovantes en Climat Aride, de l’Université de Toronto (Canada), présentait une solution surprenante, qu’on imagine presque inspirée de Dune, de Franck Herbert et dont elles sont pris le nom : Le projet Sietch Nevada

Ce prototype d’urbanisme conditionné par la collecte, le stockage et l’utilisation d’une eau devenue rare, eu qui deviendrait la première condition de la forme et de la performance de ces villes.
Un réseau de canaux souterrains, reliés aux aquifères profonds, sert à la fois de voies de communication et d’irrigation pour les cultures. Les habitations et commerces les surplombent, protégés de l’agression du soleil au fond d’immenses cavernes.

A l’organisation horizontale conventionnelle (centre-ville/, banlieue, champs) se substitue une organisation verticale, où la surface, responsable de la collecte de l’eau, de la production d’énergie, de l’agriculture et de l’aquaculture, recouvre le réseau urbain souterrain.

Petite mise à jour, cette vidéo de la partie « sous terraine » de la ville de Montréal

Nouvelle mise à jour avec ce projet « Above Below » imaginé par Matthew Fromboluti, architecte affilié à l’université de Washington à Saint-Louis. Ce projet est prévu pour être construit sous le niveau de la mer, en plein désert, pour combler et réparer le paysage de Lavender Pit et son immense carrière abandonnée. (275 mètres de profondeur sur plus de 1,2 km²…)

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