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Les villes « imaginées » de Paul Maymont

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Paul Maymont fut un architecte aux idées particulièrement prospectives, novatrices…
Diplômé de l’Ecole de Paris, conceptualise le système de la colonne creuse. Dans sa cité coni­que, la colonne centrale creuse en béton fait 20 mètres de diamètre et elle représente à la fois les circulations verticales par ascenseurs et le grand collecteur. Accrochés à ce mât, à différentes hauteurs, des câbles forment une immense toile d’araignée. Ceux-ci, qui peuvent être en béton précontraint, supportent des planchers auto précontraints, toutes les par­ties suspendues sont en acier et les parties comprimées en béton, les élé­ments urbains les plus différents pouvant être accrochés à ces câbles. Chaque cône, avec ses rues verticales et horizontales fait 123 mètres de haut et groupe 15 à 20.000 habitants. Ces cités coniques peuvent être con­çues flottantes et sont reliées entre elles par des autoroutes suspendues.

Cette ville est strucurée en strates, en bas les parkings, la circulation routière, puis en montant l’industrie, l’artisanat et enfin des rues, des places suspendues, des métros verticaux et circulaires, des escaliers, des espaces culturels, les habitations, les bureaux… Les pyramides peuvent être reliées entre elles et chacune peut contenu de 15 à 50 000 habitants..

Paul Maymont publie dès 1962 de très nombreux plans d’urbanisme dont un pour la baie de Tokyo, un autre pour une extension de Monaco qui s’apparente à des concepts de « villes flottantes ». C’est dés 1950, alors qu’il était boursier à l’Université de Kyoto, qu’il eut l’idée de ces villes flottantes.

Une ville flottante préfabriquée grâce à des caissons de béton qui, assemblés et reliés entre eux, supporteraient des tours légères qui seraient ainsi soustraites aux mouvements du sol.

Cette solution pour la baie de Tokyo permettait d’édifier une ville de dix millions d’habitants avec des îles flottantes de trois, quatre ou cinq cents mètres de diamètre. La cité de Paul Maymont se présentait, dans ses projets dessinés au Japon, une pyramide sur plan cruciforme se dressant au-dessus d’un caisson amarré à des pilotis. Chaque île artificielle était reliée à sa voisine par des ponts, des routes, des métros suspendus, laissant le passage entre les cités flottantes, même à des bateaux de gros tonnage. Des digues sous-marines les protégeaient des raz de marée.

De retour en France, Paul Maymont a considérablement poussa ses études et proposa un projet pour,l’extension de Monaco.

Cette cité flottante que Maymont appellait Thalassa, se présentait sous la forme d’une coquille ronde qui pouvait être reliée à la terre ferme par un pont. Les habitations se situaient en espalier sur le pourtour de la corbeille. Le fond, évidé, forme un plan d’eau avec son port de plaisance, ses plages, ses piscines et ses jardins.

Il proposa ensuite des plans pour l’extensio  de Paris, notamment sous la Seine.

Cette ville souterraine regrouperait les parkings pour 500.000 voitures accessibles par voies souterraines des grands boulevards périphériques, les extensions de la Maison de la Radio, du Musée du Louvre, de la Préfec­ture de Police, de l’Hôtel de Ville et de la Bibliothèque Nationale, des centraux téléphoniques, casernes de pompiers, dépôts, réserves, salles d’expositions, grands magasins,… les rives de la Seine étant ainsi rendues dues aux piétons et aux équipements de loisirs tels que boutiques, motels, cinémas, théâtres, piscines, cafés, clubs,…

Paul Maymont imagine la réintroduction de la nature là où l’homme l’avait fait disparaitre, en pensant la ville en suspension.

Dans l’extension de la capitale vers l’est, Maymont établit un ensemble de structures verticales qui libèrent le sol permettant de créer de nou­velles zones vertes et de préserver les quartiers anciens. Un autre projet de ville climatisée réalisé par Paul Maymont pour le Saha­ra se compose d’un volume indéformable en forme de lentille constituée par des mâts et des câbles métalliques. Cette ville construite sur pilotis pour éviter l’ensablement transforme un volume intérieur en un oasis autour duquel se regroupent en gradins les habitations et les édifices vitaux de la ville.

En 1965, il fut l’un des membres fondateurs du Groupe international d’architecture prospective, qui rassemblait architectes, plasticiens ou sociologues préoccupés de « prospective » architecturale. Il en découla toute une pensée avant gardiste; Paul Maymont va réfléchir à l’évolution de la ville, car selon lui, le développement urbain n’est pas à la mesure où il devrait être. Il proposera même un concept de ville sur la Lune.

En 1968 enfin, il fonde l’École d’Architecture du Grand Palais. Il fait partie des ces rares architectes qui de par ses projets, son ouverture d’esprit, ses concepts aie su nous faire rêver, profanes comme professionnels.

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