Accueil Architecture Le projet de ville spatiale de la nasa en 1975

Le projet de ville spatiale de la nasa en 1975

0 2398

Space Settlements : A Design Study est un rapport de la NASA de 1975 qui posait les bases d’une réfléxion pour l’établissement d’une ville dans l’espace

“The space colony appears as a giant wheel in space. Still you cannot comprehend its size, but you know it must be huge. One of the other passengers who has been on the trip before tells you it is 1800 m in diameter.”

Située à 240 kilomètres de la Terre, sur le même axe orbital que la lune, cette colonie aurait pu être un large tube circulaire afin de résister à la force centrifuge de sa propre masse, évaluée à près de 530 000 tonnes. Au dessus d’elle, une ellipse amovible inclinée à 45° fait office de soleil artificiel, afin de fournir à la colonie de l’énergie solaire permettre le fonctionnement de l’ensemble des systèmes de production et notamment ceux d’oxygène et d’eau.

Des perspectives sont longues et profondes font presque oublier aux 10 000 habitants de la cité spatiale le fait qu’ils sont dans l’espace et la colonie, découpée à l’horizontale en 6 grandes unités fonctionnelles, alterne espaces agricoles et résidentiels. Sur ces derniers, 43 hectares au total, les modules d’habitation d’une surface de 50 m² environ s’organisent en terrasses et les ouvertures, nombreuses, offrent des vues sur ce que les auteurs nomment « la plaine ».

Varier les formes est facilité par la flexibilité des structures qui composent les unités de vie afin de permettre un développement rapide et « naturel » de  la colonie.. Au centre de la plaine des colonnes d’ascenseurs font le lien entre le réseau de transport en commun et les quais de débarquement des hommes et du matériel qui se trouvent dans la tour (au centre de l’illustration).

3 grandes unités résidentielles sont séparées par des ceintures agricoles (61 hectares au total) qui doivent fournir les habitants en vivres et en ressources. De plus, la gestion « automatisée » et complète de l’environnement de culture permet aux producteurs de contrôler, selon les zones, la température, les niveaux de dioxyde de carbone, le degré d’humidité ainsi que celui d’ensoleillement pour favoriser, afin de varier les produits et leur croissance. Cette organisation agricole se décline aussi en niveaux : aux niveaux inférieurs, l’élevage laisse rapidement la place aux systèmes de traitement des déchets liés au secteur agricole mais aussi au retraitement des déchets issus des zones urbaines. L’utilisation des « restes » de la colonie nourrit des bactéries et toute une biomasse qui participe par ses actions et ses respirations, à renouveler l’atmosphère de la plaine.

Au delà de cette réflexion sur la gestion « écologique » de la colonie, l’étude réfléchit aussi sur la perception de l’espace afin de réduire le stress psychologique et physiologique des nouveaux arrivants de la colonie. Ainsi, au contraire des vision science fictionnesques l’accent est mis sur la ressemblance avec l’écosphère terrienne au travers notamment des paysages naturels, cultivés ou pas.L’architecture par ses formes, sa légèreté et les matériaux auxquels elle recoure,  et l’organisation de la « ville » sont fondamentaux. Les commerces, les institutions, les espaces publics et les unités de vie sont proches de ceux de la terre tout en tenant compte des contraintes environnementales.

La colonie n’est pas pour autant refermée sur elle même et fonctionne avec un réseau d’échanges et de communications extérieures. Selon Colin Clark, spécialiste des questions économiques, cité dans l’étude, une unité ou pôle urbain de moins de 150 000 habitants ne pourrait pas fournir une gamme adéquate de services commerciaux et encore moins, créer les conditions favorables au développement d’activités industrielles. De ce fait, la colonie resterait largement dépendante d’une assistance terrestre sinon, d’un archipel d’artéfacts spatiaux qui lui seraient semblables et avec lesquels elle pourrait organiser des échanges commerciaux.

Comme on le voit si elle n’a jamais vu le jour, cette ville spatiale a été réfléchie en profondeur et démontre qu’au contraire des visions futuristes c’est la nécessaire acclimatation qui est la première phase pour pérenniser une vie en dehors de la terre.

Retrouvez le projet sur le site de la NASA : http://settlement.arc.nasa.gov/75SummerStudy/Table_of_Contents1.html

NO COMMENTS

Leave a Reply