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Ray Harryhausen et la dynanimation

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Si vous êtes fan de cinéma de science fiction ou tout simplement si vous avez vus dans les années 60-80 des films tels que le choc des titans ou les voyages de Simbad, vous êtes probablement tombés sous le charme des effets spéciaux de ces films, oeuvres de Ray Harryhausen, généralement considéré comme le grand maître, voire le père, de l’animation en volume en raison de sa contribution dans le domaine du trucage au cinéma.

C’est la « première » de King Kong dont les trucages sont réalisés par Willis O’Brien qui scelle la vocation du jeune Ray Harryhausen âgé alors de treize ans qui développe déjà ses premiers projets personnels (Cave Bear et Evolution of the World), notamment la reconstitution d’animaux préhistoriques. Par un heureux hasard il rencontre Willis O’Brien à qui il présente ses pates à modeler (celui étant considéré comme le père de l’intégration d’animation en volume avec des prises de vues réelles) qui l’encourage. Il va donc poursuivre des études en arts dramatiques, photographie et sculpture, puis étudiera la réalisation artistique et le film. C’est à cette époque qu’il se lie d’amitié avec l’écrivain SF Ray Bradbury.

En 1941, il montre ses travaux à George Pal, l’animateur, qui l’engage comme assistant sur la série des Puppetoons. Il réalise, en 1945, des épisodes pour une série de contes de fées, Mother Goose Stories, qui trouveront un débouché dans les milieux scolaires et éducatifs. Il sera aidé de sa mère pour les costumes et de son père pour la fabrication des accessoires et des armatures.

En 1947, Willis O’Brien l’engage pour être l’un de ses deux assistants sur le tournage de Monsieur Joe et lui laisse l’essentiel de l’animation du gorille. La qualité de l’animation mai aussi de l’intégration marquent le début des d’une reconnaissance de Ray Harryhausen mais il faut attendre 1953 pour qu’il signe les effets spéciaux du Monstre des temps perdus (The Beast from 20,000 Fathoms) d’Eugène Lourié. Harryhausen y poursuit son travail d’intégration d’animation image par image avec des plans d’acteurs dans des décors réels. Ce film constitue son premier succès personnel.

L’autre grand tournant à lieu en 1955, Harryhausen rencontre Charles H. Schneer avec qui il va travailler pendant plus de 25 ans, Schneer à la production, Ray au scénario et aux aspects techniques. Douze des quinze films que Ray va signer seront produits par Schneer avec quelquefois Harryhausen comme co-producteur.

Le Monstre vient de la mer (It Came from Beneath the Sea) est un coup d’essai pour lequel Schneer espère profiter visiblement du succès du Monstre des temps perdus, le film développant une thématique très similaire. Le second, Les Soucoupes volantes attaquent (Earth vs. the Flying Saucers), réalisé par Fred F. Sears en 1956, donne à Ray l’occasion d’élargir sensiblement l’étendue de son travail qui va dès lors au delà de la simple animation de modèle pour englober l’ensemble des trucages optiques possibles (illustration des champs de force, lasers, scène de destruction massive).

C’est surtout avec « Le Septième Voyage de Sinbad », premier film de la trilogie Sinbad, qu’il peut enfin donner libre cours à son imagination. Premier film en couleur pour et la musique du grand Bernard Herrmann (le compositeur attitré d’Alfred Hitchcock) pour lequel il a amélioré ses techniques d’animation et d’incrustation des miniatures avec des prises de vue en action réelle, procédés auxquels il conviendra désormais d’attribuer des noms toujours plus ‘fantastiques’ (dynamation, superdynamation…).
Suivent « Les Premiers hommes dans la lune » (1964), « La Vallée de Gwangi » (1969), les deux derniers films de la trilogie Sinbad (Le Voyage fantastique de Sinbad en 1973 et Sinbad et l’œil du tigre en 1977)… Le Choc des Titans (1981) s’il est un grand succès sera la dernière tentative de Ray pour perpétuer un style qui est en perte de vitesse… genre que l’on considère alors moribond. Il partira donc sur un grand succès, mais il sait que le « style » est fini.

Au delà de son apport aux techniques de l’animation et à leur intégration dans des séquences de prise de vue réelles sont oeuvre et le succès de celle ci ne peut vent se comprendre que par son implication tout au long du processus : de la conception sur papier aux premiers modèles réels sculptés jusqu’à la localisation des extérieurs et la supervision des prises de vue avec les acteurs, il s’occupe de tout, même des lumières pour combiner de façon crédible l’ensemble des éléments et le montage des séquences elle-même.

La Dynanimation
Le style Ray Harryhausenau dans les trucages cinéma c’est une nouvelle technique de combinaison des prises de vue réelle et de miniatures, technique dont il aura un usage presque exclusif au cinéma et qu’il ne cessera d’affiner. Le principe est de renforcer l’effet d’intégration en distribuant des éléments de la prise de vue réelle en avant et en arrière-plan de celui de l’objet animé. Soit en plus clair, donner la possibilité à l’animateur de faire passer l’élément animé devant ou derrière des éléments choisis de la prise de vue réelle.

La technique traditionnelle utilisée jusqu’alors se « résumait à » filmer la miniature devant une rétro-projection de la prise de vue réelle (la marionnette est photographiée devant un écran semi opaque sur lequel est projetée en synchro (image par image), par l’arrière, la prise de vue réelle). Cette technique poussait naturellement la miniature en premier plan. Pour atténuer cet effet, les techniques employées étaient alors soit l’ajout de miniatures complétant ou reproduisant l’arrière plan (ex: des arbres miniatures devant un arrière plan de forêt derrière lequel le personnage animé peut alors passer), soit l’emploi d’un cache sous la forme d’une peinture sur verre en premier plan (matte painting). Ce sont les techniques employées dans le premier King Kong.

L’idée de Ray fut de simplifier la prise de vue et de minimiser le coût en exploitant en substitution à ces deux techniques précédentes l’ancestrale technique de la double exposition avec cache (déjà utilisée par Méliès!). Le film est exposé deux fois, les portions de l’image déjà exposées étant masquées par un cache noir placé entre le sujet et l’objectif. Ce qui donne dans la pratique pour la dynamation, l’exécution de l’animation devant la rétro-projection avec un cache masquant toutes les portions de la prise de vue réelle que l’on désire ramener en premier plan. Puis, une seconde exposition du film obtenu devant la rétro-projection seule avec cette fois-ci pour cache le complémentaire du cache précédent afin d’imprimer sur la pellicule le premier plan sur les portions encore non exposées de celle-ci.

source wikipedia

Si le Choc des titans fut le dernier film de Ray Harryhausen, l’animation image par image pure perdure via le travail de fond des studios Will Winton (US) et Aardman Animation (Wallace & Gromit, Shaun le mouton) et plus récement ‘Étrange Noël de Monsieur Jack de Henry Selick.

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