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Makoto Shinkaï, le poête de l’animation japonaise

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S’il est un réalisateur d’animé qui reste encore injustement méconnu c’est bien Makoto Shinkaï… C’est aussi l’un des plus atypiques puisque c’est le seul à ma connaissance qui aie réalisé seul un film d’animation, son premier, en autodidacte… avec un résultat d’une finesse, d’une justesse de sentiments et d’une poésie rares qui ont marqué tout ceux qui l’ont vu :Hoshi no Koe (The voices of the distant star). Son style ne s’est pas démenti jusque dans ses productions plus récentes où il s’est un peu plus entouré… mais qui est Makoto Shinkaï?

Né en 1973 dans la préfecture de Nagano (à la montagne donc), il a étudié la littérature japonaise à l’Université de Chuo. mais sa créativité s’est nourrie des  mangas, anime et romans qu’il dévorait depuis le collège, dont Le Château dans le ciel de Hayao Miyazaki qui est son préféré. On a appelé Shinkai  » le nouveau Miyazaki » dans plusieurs revues même s’il refuse ce titre par humilité. C’est en 1999, qu’il réalise Kanojo to Kanojo no neko, court-métrage de cinq minutes réalisé en noir et blanc récompensé de plusieurs prix, dont le grand prix du « DoGA CG Animation contest » en 2000.


Makoto Shinkai – Kanojo To Kanojo No Neko

Suite à cette disctinction, Shinkai songe à une suite tout en continuant à travailler en tant que graphiste pour une entreprise de jeu vidéo. En juin 2000, il décide de créer une histoire autour des messages via téléphone portable (le grand début des sms) et dessine une image, celle d’une jeune fille tenant un téléphone portable dans un cockpit. C’est l’acte de naissance de Hoshi no Koe… C’est ensuite Mangazoo, qui lui propose de travailler avec lui et lui permet de transformer son idée en un projet viable. En mai 2001, il quitte son emploi et commence à travailler sur ce premier film qui lui prendra 7 mois.

Suite au succès de ce premier film, il réalise ensuite « La Tour au-delà des nuages », sorti le 20 novembre 2004 dans tout le japon, acclamé par la critique et récompensé par de nombreux prix.

Si la poésie, parfois la tristesse sont la marque de fabrique de ce réalisateur, il ne dédaigne pas l’humour, en témoigne ce très court métrage sur les chats


Ani-kuri15 Makoto Shinkai

Son dernier film en date s’appelle Byousoku 5 Centimeter /5cm par seconde, 5 cm par seconde étant la vitesse à laquelle chutent les fleurs de cerisiers. Le film raconte l’histoire de Takaki et Akari, deux enfants qui se sont connus alors qu’ils n’étaient pas plus hauts que 3 pommes et qu’une grande amitié a unis, et en grandissant, la plupart de leurs camarades de classe les taquinant, pensant que leur relation relevait plus de l’amour que de l’amitié. Malheureusement, Akari est contrainte de quitter la ville pour suivre ses parents, et devra donc être transférée dans une autre école. C’est le cœur lourd que les 2 amis se séparent, se promettant de s’écrire des lettres et de se revoir un jour.
Le films se découpe en 3 parties / 3 temps qui vont nous raconter l’histoire de ces deux personnages.
Comme d’habitude avec ce réalisateur, les images sont d’une grande beauté. Chaque plan est magnifié avec cruauté tant la réalité est dure en comparaison, chaque lumière statique ou mouvante, artificielle, solaire ou lunaire, portent encore un peu plus les sentiments des personnages et de l’histoire.

De par sa sensibilité, la magnificence de ses lumières, de ses décors, de ses images, ont comprend mieux la « filiation » que les critiques d’animé on trouvée entre Myazaki et Shinkaï, car ces deux grands réalisateurs savent au delà de raconter de belles et fortes histoires, donner à leurs images, un souffle, une beauté, une profondeur qui les hissent parmi les plus grands réalisateurs de notre temps.

Voici enfin le prochain film (sortie prévue en 2011) : Children who Chase Lost Voices from Deep Below

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