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L’oeuvre onirique de Réné Laloux

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Combien de « fans des films d’animation » aujourd’hui connaissent le nom de René Laloux… Bien trop peu eu égard à l’héritage qu’il nous a laissé..

Ce cinéaste au parcours pour le moins inattendu quitte dés 13 ans l’école pour apprendre la sculpture sur bois dont il fera brièvement son métier. Pratiquant le théâtre en amateur, René Laloux rencontre le marionnettiste Yves Joly à l’occasion d’un stage de comédien à Marly-le-Roy mais une maladie l’empêchera de continuer dans cette direction, il cultivera donc d’autres talents, dont la peinture et l’écriture. C’est finalement dans le cadre de son travail en hôpital psychiatrique qu’il commencera sa carrière de cinéaste en animant des marionnettes et des ombres chinoises mais il faudra attendre 1960, pour que  son premier court métrage animé réalisé en tant que professionnel, sur une histoire écrite par les patients de la clinique, « Les Dents du singe » remporte plusieurs prix (prix Émile Cohl, grand prix de Mannheim, prix de la qualité du centre national du cinéma).

A la même époque se produit la grande  rencontre avec Roland Topor, écrivain et dessinateur, et Alain Goraguer, compositeur, deux personnes avec qui il collabore sur ses courts métrages suivants : les Temps morts en 1964 puis les Escargots l’année suivante. Cette collaboration donnera naissance au premier long métrage de René Laloux en 1973. Entamé en 1969, le film a été réalisé en Tchécoslovaquie (principalement pour des raisons de coûts) est une adaptation du roman de science-fiction Oms en série, de Stefan Wul. Les images de Topor sont au croisement des délires visuels de Dali pour les animaux et d’une vision plus science fictionnesque de l’époque.

Grand succès critique (prix spécial du jury au cinquante-sixième festival de Cannes) et public, il marque le  début de la reconnaissance de René Laloux

En 1977,  il cherche à réaliser un nouveau long métrage de science-fiction, adapté du roman les Hommes-machines contre Gandahar, de Jean-Pierre Andrevon, en collaboration avec le dessinateur Philippe Caza, mais le projet n’aboutit pas car la production française reste frileuse sur ce genre de projets. C’est en Hongrie qu’est réalisé les Maîtres du Temps, sorti en 1981,  film est à nouveau adapté d’un roman de Stefan Wul, l’Orphelin de Perdide. Prévu à l’origine pour être le premier volet d’une série de métrages réalisés en collaboration avec les dessinateurs du journal Métal hurlant, les Maîtres du Temps est dessiné par Moebius. A nouveau un grand succès. Moebius fournira sur ce film un travail titanesque qui ne sera pas toujours pleinement exploité de par les difficultés de la production.

Pourtant les années suivantes vont être difficiles et ce n’est qu’à la fin des années quatre-vingt, qu’il réussit à faire aboutir son projet . Réalisé à Pyongyang, en Corée du Nord, Gandahar est son dernier long-métrage. Dessiné par Philippe Caza, réalisé en collaboration avec Philippe Leclerc, sur une musique de Gabriel Yared, le film sort en salles en 1987.

Après 1988, René Laloux abandonne le cinéma, et se  à Angoulême, il se consacre à l’écriture, la peinture et à l’enseignement. De 1996 à 1999, il dirige le laboratoire d’imagerie numérique du centre national de la bande dessinée et de l’image (CNBDI). René Laloux décède à Angoulême le 14 mars 2004, suite à un infarctus.

René Laloux est une figure tutélaire, un précurseur qui en trois films nous a livrées des oeuvres qui aujourd’hui encore apparaissent comme cultes, originales même si elles ont les défauts des films qui ne se veulent pas seulement des histoires mais des paraboles. Les difficultés logistiques et pécuniaires ont aussi leur part dans les limitations de ces films, mais en trois œuvres seulement, René Laloux aura apporté au cinéma des images qui aujourd’hui encore hantent mon imagination


La Planete Sauvage 1973


Les Maîtres du temps 1/5

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