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Les frères Fleischer, géants oubliés de l’histoire de l’animation américaine

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On connait sûrement plus les frères Fleischer pour leurs personnages qu’en temps qu’auteurs de ceux ci.
Originaires d’Autriche Max, Joe et Dave Fleischer débarquent à New-York en 1887, ce n’est pourtant qu’en 1915 que Max Fleischer invente un procédé révolutionnaire pour l’animation :  le rotoscope. Celui ci permet de décalquer sur une table de projection transparente, image par image, une scène filmée avec de vrais personnages afin de parvenir à transposer au plus près la finesse des mouvements. Ainsi nait Koko le clown dans leur premier dessin animé e 1918. Alors qu’il doit présenter son film au Studio Paramount, Max retrouve un ami, J.R. Bray, qui l’engage aussitôt dans son propre studio, mais la guerre survient et il  doit réaliser des films sur l’entraînement dans l’armée avant qu’en 1919 il ne puisse enfin commentcer à travailler pour le studio Bray et commencer la série Hors de l’encrier (Out of Inkwell) qui connaît beaucoup de succès durant deux ans. Max Fleischer décide alors de s’associer à son frère Dave en 1921 en créant la Out of Inkwell films, Inc.

Après le rotoscope, les frères Fleischer inventent le rotographe, nouvelle technique permettant de régler les interactions entre un dessin et des personnages dans un environnement réel qui va créer un nouveau métier, le intervallistes en même temps qu’ils révolutionnent techniquement l’animation, établissant encore un peu plus une réputation grandissante.

Dés 1924, ils vont produire des films sonores et le premier personnage parlant de l’histoire du dessin animé avant même Walt Disney, mais en  1927, leur société dépose son bilan. Afin de sauver l’affaire, ils se lient à la Paramount qui devient alors l’actionnaire principale du Fleischer Studios Inc. De par leur avance dans le film « sonore » ils peuvent dés 1930 lancé des animés parlants, les Talkartoons et vont inventer parmi les personnages majeurs du XXe siècle : Betty Boop et Popeye. La révolution n’est pas que technique… Betty Boop est le premier sex symbol du cinéma qui va pourtant rapidement connaître la censure du code Hays qui détermine ce qui ne doit pas apparaitre sur les écrans : pas de films d’horreur, pas de sexe, pas d’humour trop décalé, ainsi Betty Boop devient un être asexué. Et perd beaucoup de ses fans. En plus de cela la Paramount leur demande d’imiter les Walt Disney. Autre coup du sort, en 1937 une grève dans les studios Fleischer poussant Max à prendre une dangereuse décision, celle de déménager ses studios en Floride, opération fort coûteuse que peu opportune au moment où la concurrence avec Disney s’intensifie puisque celui s’apprête à sortir son premier long métrage Blanche Neige qui a pris 4 ans et coûté 1 million de dollars. Paramount lui donne 18 mois et 500 000 dollars pour contrer celle-ci, ça sera « Le voyage de Gulliver ».

Malheureusement le film n’obtient pas le succès attendu, et la seconde guerre mondiale empêchent sa distribution en Europe. Le second long métrage commandé par la Paramount        » Mr. Bug goes to town » sort en décembre 1941… juste après Pearl Harbor est est un désastre commercial. Les studios Fleischer doivent alors changer leur fusil d’épaule et se lancent dans l’animation de Superman avec une animation très travaillée et des scénarios plutôt intelligents. Si le succès est au rendez vous, les dettes sont trop importantes et Paramount récupère les studios provoquant la séparation des frères. Dave Fleischer devient responsable des animations à la Colombia Pictures, puis scénariste chez Universal, tandis que Max Fleischer rejoint les  Bray Studios.

Le legs des frères Fleischer est donc double, technique et artistique. Ils auront apportés de nouveaux moyens techniques à un cinéma d’animation alors en plein essor mais surtout créés des personnages forts qui aujourd’hui encore sont parmi les plus célèbres du cinéma d’animation.

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