Accueil Animation La semaine des génies de l’animation japonnaise : 1) Satoshi Kon

La semaine des génies de l’animation japonnaise : 1) Satoshi Kon

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Le plus barré des réalisateurs d’animation japonaise, des films (et une série) particulièrement délirants… Satoshi Kon est sans conteste l’un de ceux qu’il vous faut découvrir au plus vite (si vous ne le connaissez pas déjà) !
Sa première œuvre, Perfect Blue posait déjà les bases d’une filmographie bien souvent basée sur l’angoisse, la pression psychologique, et de façon plus générale la notion de réalité…

Né en 1963 à Kushiro, il s’intéresse dés le lycée à l’animation et notamment celle de science-fiction comme Yamato (1974), Conan, le fils du futur (1978) et Mobil Suit Gundam (1979). Il achète également de nombreux mangas et notamment Dōmu de Katsuhiro Ōtomo dont il deviendra un grand fan… il commence donc sa carrière professionnelle dans ce même domaine.
En parallèle à ses études, il dessine son premier manga, Toriko, parue en 1985 dans la revue Young Magazine qui remporte le prix Tetsuya Chiba d’excellence pour débutant puis il travaille avec Katsuhiro Ōtomo en tant qu’assistant sur le manga Akira… Pas mal pour un début !

En 1991, il fait ses premiers pas dans l’animation avec l’OAV Roujin Zen tant que concepteur des décors et c’est encore Katsuhiro Ōtomo, scénariste, qui forme son ancien assistant au métier d’animateur. Satoshi Kon continue et travaillera notamment sur le film Patlabor 2 de Mamoru Oshii, collaborant par la suite avec ce dernier sur le manga Seraphim (1995-1996). Il décide finalement d’arrêter le manga pour se consacrer à l’animation.

C’est en 1995, toujours avec Katsuhiro Ōtomo, sur le film omnibus Memories où il s’occupe du layout, du design des décors et du scénario sur le segment Magnetic Rose qu’il va développer sa notion de la réalité subjective sur l’une des scènes du film qui n’était pas prévu par le script orignal. Souhaitant contrôler l’intégralité du processus de création, il profite d’une commande pour réaliser le film Perfect blue, modifiant le scénario original et intégrant sa notion de réalité subjective.. Le film connait un grand succès qui lui ouvre les portes de productions à plus gros budget… Les thématique des Kon sont déjà présentes, stress, folie, pression sociale, et elles trouveront dans l’excellent Paprika l’occasion de les exprimer à nouveau au travers d’un scénario particulièrement génial et où l’on découvre sa capacité à créer un univers bariolé et inquiétant, une histoire où rêve et réalité s’entremêlent, un vrai baffe visuelle en plus d’un scénario génial.

Ce sera ensuite en 2002 avec Millennium actress, film qui raconte la vie d’une grande actrice de cinéma ayant mystérieusement arrêté sa carrière alors qu’elle était à son apogée une nouvelle occasion de témoigner son amour du cinéma déjà présent dans des scènes de Paprika. Les scènes de cinéma ayant marqué sa carrière s’entrecroisent avec les événements qui ont réellement influencé sa vie.
Trompe l’œil et ellipses temporelles, le film est un succès plus grand encore que les précédents. Dés 2003, il réalise son troisième film, Tokyo godfathers, dont les personnages principaux sont trois sans-abris à Tokyo qui, la veille de Noël, trouvent un bébé abandonné dans les ordures et décident de retrouver ses parents. Il quitte ses thématiques habituelles pour un croisement entre la comédie et la satyre sociale.

L’année suivante, il réalise sa première série télévisée Paranoia agent renouant avec le fameux thème fiction-réalité et aborde de nombreux thèmes plus sociaux. C’est l’une des séries les plus étranges que j’ai pu voir, en même temps qu’une réussite complète.. Il revient aux thématiques (folie, stress, pression sociale) pour nous dépeindre les destins croisés de personnages dont la vie s’entrecroise autour d’un mystérieux agresseur dont on ne sait s’il existe ou s’il est une émanation du stress urbain, doppleganger « appelé » par ses victimes…
La folie, la schizophrénie, la prostitution, la série aborde des thématiques plutôt hors normes pour ce format… et la dichotomie entre l’intro (flippante) et le générique de fin (presque doux) n’est pas la moindre des étrangetés de celle ci.

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