Accueil Animation La semaine des génies de l’animation japonaise : 3) Mamuro Oshii

La semaine des génies de l’animation japonaise : 3) Mamuro Oshii

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Mamuro Oshii, peut être le plus mélancolique des réalisateurs, aux obsessions canines bien implantées (dans chacun de ses films on retrouve son chien) en tout cas l’un des ceux qui oeuvre le plus dans le domaine de la SF car on lui doit en vrac : Les patlabor, ghost in the Shell, Jin-Roh, Tenshi no tamago (peut être l’un des moins connus, mais l’un des plus barrés) ou son plus récent « Sky Crawlers », s’aventure aussi hors de l’animation pure notamment avec Avalon… Excusez du peu !
Cette filmographie impressionnante c

Depuis ses études, Mamoru Oshii est fasciné par le film La Jetée de Chris Marker et c’est son travail de sur la série télévisée Urusei Yatsura qui le place sous les projecteurs. Il réalise deux longs métrages à partir de la série, Urusei Yatsura: Only You en 1983 et Lamu : Un Rêve sans fin en 1984. Si le premier film est directement adapté de la série, le second s’en détache largement et est un des premiers exemples du style de Mamoru Oshii. Il s’était tant écarté de l’histoire originale que le créateur du manga original Rumiko Takahashi avait difficilement accepté le scénario.

En 1984 toujours il réalise L’Œuf de l’ange (Tenshi no tamago), un film aux thèmes bibliques avec des personnages dessinés par Yoshitaka Amano qui attire  Miyazaki et Takahata (les fondateurs du studio Ghibli) sur son film suivant Anchor. Le projet est rapidement annulé même si vingt ans plus tard il collaboreront à nouveau sur Innocence : Ghost in the Shell 2, Oshii critiquait le côté idéaliste des films de Miyazaki, celui-ci reprochant au premier de ne pas chercher assez le divertissement.

À la fin des années 1980, Oshii est sollicité par son ami Kazunori Ito pour rejoindre Headgear. Ce collectif de professionnels cherchait à promouvoir les travaux des membres et à nouer des contacts avec les producteurs. ( Kazunori Ito et Masami Yūki Scénaristes, le compositeur Kenji Kawai, entre autres). Ils créent Police Patlabor OVA en 1988, The Patlabor: The Movie en 1989, et Patlabor 2: The Movie en 1993.

Réalisés en pleine crise économique japonaise, la série et les films Patlabor montrent un futur proche où la crise sociale et les défis écologiques ont été résolus grâce à la technologie.En parallèle Oshii réalise trois films ( The Red Spectacles, en 1987 largement inspiré de La Jetée de Chris Marker (avant L’Armée des douze singes de Terry Gilliam), citant Shakespeare ou Alexandre Pouchkine à la manière d’un Jean-Luc Godard pour lequel Oshii ne cache ni son admiration, ni son inspiration.
Suivront en 1991 Stray Dogs: Kerberos Panzer Cops mêlant action, comédie et contemplation et Talking Head en 1992, un film policier surréaliste largement expérimental.

C’est surtout en 1995 quie Mamoru Oshii réalise l’anime cyberpunk Ghost in the Shell qui marque durablement l’animation et le rend mondialement célèbre. Des cyborgs s’interrogeant sur leur humanité, une mélancolie tenace et encore une fois des questionnements philosophiques qui donnent une dimension supplémentaire à un film déjà impressionnant alternant scènes lentes contemplatives et scènes d’action rapides.

Il faudra attendre 2001 pour le revoir sur les écrans avec Avalon… Puis le court métrage très remarqué Blood the last Vampire.

Oshii fut fortement influencé par le mouvement étudiant ANPO Hantai des années 1960 et 1970 qui s’opposait au traité de sécurité conclu entre les États-Unis et le Japon. Le mouvement périclitait quand il s’y engagea, ce qui a certainement rendu Oshii plus cynique que d’anciens membres du mouvement comme Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Son premier film politique est Akai Megane ou « lunettes rouges) décrit un Japon en proie au totalitarisme et à la corruption dans les années 1990… Oshii fut une source d’inspiration pour les réalisateurs de Matrix et James Cameron le décrit comme un visionnaire, mais c’est surtout l’un des plus cinéastes d’animation les plus intimistes, en témoignent ses personnages, la lenteur calculée de ses fims… Parmi les réalisateurs de cette semaine des génies de l’animation, c’est peut être le plus pessimiste.

Petite mise à jour :
Voici le lien (la plateforme japonaise sur laquelle se trouve la vidéo ne semble pas permettre d’insérer cette vidéo ici) du nouveau court métrage d’Oshii : « Je t’aime » où l’on retrouve son basset préféré en personnage central dans une ville qui semble vidée de toute présence humaine..

Par ailleurs, Oshii a réalisé un film live, pseudo suite d’Avalon… mais qui est d’après tout ce que j’ai lu un ratage… Alors que le court dont il était tiré n’était pas mauvais.
Le voici  (le court)

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