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La noire poésie des brothers Quay

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Cousins éloignés de Svankmajer,animés de la même ténébreuse inspiration et de la même obsession un cinéma d’animation à la fois fascinant, baroque, original mais aussi plein de références littéraires et cinématographiques. Vous l’aurez compris, Stephen et Timothy, les Brothers (frêres jumeaux) Quay on su créer un univers bien a eux dans le monde de l’animation et vous avez déjà pu découvrir avec celui ci avec « the cabinet of Jan Svankmajer« , un hommage à Jan Svankmajer.

Ils commencèrent en 1969 lorsqu’il rejoignirent le Royal College of Art et réalisent leurs premiers film à base de marionnettes, Der Loop der Loop, II Duetto et Palais en flammes. Ils sont déjà attirés par les créateurs hors des sentiers battus et travaillent avec Jan Lenica et Walerian Borowczyk, des animateurs polonais. Ils partent ensuite à New-York qui est une période difficile durant laquelle ils ne trouvent que des petits boulots comme  illustrateurs, parfois serveurs ou plongeurs. Il faudra attendre 1977 , ils obtiennent enfin une bourse grâce à leurs dessins et partent étudier aux Pays-Bas.

Alors qu’ils étudient Royal College of Art ils rencontrent t Keith Griffiths du British Film Institute qui leur propose de réaliser un petit film de marionnettes, rencontre capitale … Dans leur chambre d’hôtel, pendant la nuit, ils réalisent Nocturna Artificiala. Griffiths est impressionné au point de crééer avec eux un studio de production, Koninck et ils s’installent dans le sud de Londres. La légende veut qu’une voisine superstitieuse aie gravée dans la pierre des marches à l’entrée de leurs studios « evil twins ». Il faut dire que leurs films teintés d’ésotérisme et souvent sombres ne sont pas pour lui donner tort.

Street of Crocodiles sera le long métrage qui leur apportera la célébrité en 1986,inspiré de l’histoire de Bruno Schulz, un artiste polonais, film qui pour Terry Gilliam est parmi les dix meilleurs films d’animation produits à ce jour, une recommandation qui aide. Il faut attendre 1995, pour que les frères Quay réalisent de longs métrages de science fiction : Institut Benjamenta or this Dream People Call Human Life ainsi que The Piano Tuner of Earthquakes. (L’Accordeur de tremblements de terre) film où ils adaptent un roman de Morel D’Adolfo Bioy Casares. L’une des caractéristiques de ces films est la présence de la musique, au dépend souvent de tout dialogue. Sur l’un d’entre eux ils eurent même droit à une collaboration avec Stockhausen. Mais généralement ils travaillent avec les même compositeurs. Ils vont aussi s’orienter vers la production sonore notamment pour des vidéos telle que  His Name is Alive, Are we still married ? Can’t go wrong without you, pour Michael Pen Long way down, Look what the cat drug in et 16 Horsepower, Blacksoul choir.

Malgré leurs talents, les Brothers Quay restent relativement peux connus :  « Les petits projets arrivent à passer, mais pas question d’aller voir Channel 4 avec un projet d’animation de vingt minutes, quelque chose qui nous plairait vraiment. Nos tiroirs sont pleins de projets, mais on ne peut pas les lancer, car ils ne sont pas considérés comme des projets importants. […] On ne peut même pas courir après des commandes, il n’y en a pas. […] Il n’y a presque rien pour l’animation. Et la pub ne marche plus depuis le 11 septembre; tout le monde est devenu conservateur, se protège. Ce n’est pas une bonne période pour l’animation » reconnaissent ils dans une interview.

Ils sont pourtant depuis de nombreuses années reconnus par la critique notamment depuis le premier long métrage en 2000 : nstitut Benjamenta. Télérama parle d » »éblouissante féerie visuelle en noir et blanc » et de « poème magistral« , les Inrockuptibles de « conte onirique […] aux personnages aussi émouvants qu’énigmatiques« , tandis que Terry Gilliam lui-même le considère comme « le film visuellement le plus beau, le plus envoûtant et le plus drôle qu'[il ait] vu ces trois cent dernières années« , et confesse : « Je suis très jaloux« . Pourtant leur cinéma très sensoriel reste difficile d’accès pour le plus grand nombre. Le détail de leurs animations, les matériaux de récupération, la matière elle même tout cela créé un langage cinématographique qui leur est propre. Il est plus que jamais temps de découvrir la noire poésie de leurs oeuvres… en voici quelques unes.


Street of Crocodiles THE_QUAY_BROTHERS

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