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La guerre contre internet 1 – les origines

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Quand est ce que tout ça à commencé?

Par ça j’entends, ACTA, SOPA, HADOPI, les lois liberticides, les ahurissantes décisions d’assemblées censées représenter leurs peuples, les taxes.. Probablement avec le premier coup de pied dans la fourmilière que fut Napster, première fois que le P2P, le partage de fichier de pair à pair, rendit celui ci immédiat, mondialisé, l’accès à la bibliothèque de chacun facilité, le tout couplé à des connexions internet qui commençaient à devenir suffisamment rapides pour que l’échange aie un sens et devienne attractif. Ce jour là les « industries culturelles » (deux termes à priori plutôt incompatibles) ont commencé à sentir que ce truc qu’on appelait l’internet n’était plus seulement un support de communication supplémentaire, mais allait commencer à les emmerder sérieusement… Et à cette époque on pouvait encore réussir à réduire au silence cette technologie en fermant celui qui avait développé le logiciel le plus connu, le plus utilisé. Parce qu’il était encore centralisé… Une notion essentielle à prendre en compte.

La même technique fut utilisée contre ses successeurs, Kazaa ou d’autres qui étaient développés par des sociétés… et aux États Unis on commençait aussi à s’attaquera aux utilisateurs finaux, la RIAA commença ses procès et ses lettres de menaces qui lui donnèrent la triste réputation qui est la sienne aujourd’hui. Il faut lire ici les origines de la situation actuelle : surveillance des réseaux, toute puissance du lobby des industries culturelles, mais aussi les premières colères et les premiers dégoûts par rapport à la violence utilisée, premières constatations que ces industries n’allaient pas chercher à évoluer mais continueraient à se baser sur un modèle dépassé, un objet qui commençait lui même à l’être (le CD) avec l’apparition des premiers baladeurs Mp3 (qui se souvient du Rio?)…

Dès ces premiers moments, les bases sont posées de ce qui s’apparente à un conflit à la fois de culture et de génération.
Conflit de culture entre ces industries culturelles et leurs pendants politiques qui ne vivent pas la culture de la même façon, l’enrichissement du premier étant financier, du second étant plus intime, plus humain, plus essentiel. Non pas que les deux soient irréconciliables, mais la mauvaise foi des industries et leur discours très définitif sur ce qu’était le droit et l’accès à la culture (il doit passer par nous, nous possédons la culture – musicale, cinématographique, littéraire) niant le fait que la culture n’est pas qu’un bien marchand mais la richesse de l’humanité ou au moins de la société… Irréductible différence de conception qui fige la position des vendeurs dans une posture outrée, se drapant dans la lettre de la loi, ignorant que la culture est du domaine de l’esprit. Le discours est déjà posé entre le bien et le mal,et le méchant internaute, voleur, pirate n’est plus reconnu comme un consommateur. Le dialogue ne peut exister, il n’y a pas d’espace pour celui ci dans cette représentation de celui qui télécharge, quand bien même celui ci est il un moyen de découvrir avant d’acheter. En radicalisant les positions, les industries ont interdit le dialogue avec leur public et s’étonnent aujourd’hui que celui ci se détourne de leurs produits (quand elles ne prennent pas les passionnés pour des cons notamment dans le cadre des jeux vidéos, mais nous y reviendrons plus tard). Internet est perçu par celles ci comme le lieu de toutes les perditions, qu’il va falloir « civiliser »….

Cette problématique qui se mondialise trouve aussi son origine dans une lecture américaine du savoir et de la culture. Le droit d’auteur ou le brevet façon américaine.

Deux conceptions en effet du droit d’auteur :
En Angleterre, les intérêts des éditeurs et des auteurs sont, dès le xviie siècle, présentés comme « solidaires », et les intermédiaires sont considérés comme incontournables. Cela explique l’écart existant dès l’origine entre les fondements philosophiques du copyright et ceux du droit d’auteur continental.
La première véritable législation protectrice des intérêts des auteurs est la « Loi de la Reine Anne » du 10 avril 17105,6. L’auteur jouit à cette époque d’un monopole de 14 ans, renouvelable une fois sur la reproduction de ses créations.
Inspirées par le copyright anglais, la constitution des États-Unis d’Amérique de 1787 et la loi fédérale de 1790 accordent des prérogatives aux auteurs
.
En 1777, Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, artiste et homme d’affaires, fonde la première société d’auteurs pour promouvoir la reconnaissance de droits au profit des auteurs. Dans la nuit du 4 août 1789, les révolutionnaires français abolissent l’ensemble des privilèges, puis les lois du 1310 et 19 janvier 179111 et du 1912 et 24 juillet 1793 accordent aux auteurs le droit exclusif d’autoriser la reproduction de leurs œuvres pendant toute leur vie puis aux héritiers pendant une durée de cinq ans. À l’issue de ce délai, l’œuvre entre dans le domaine public.

Source Wikipedia

Deux visions qui vont continuer à se différencier puisqu’au XXe siècle ce droit sous forme de copyright va s’étendre de façon croissante à de nouvelles formes d’oeuvres, cinéma, jeux vidéo, puis logiciels, dessins et modèles ou bases de données. Voir même actions… (on a breveté le clic de la souris…).

Se croisent donc à un moment précis quatre forces :
– l’extension de la privatisation de l’espace public par le brevetage, le copyright
– La protection accrue au bénéfice de ses vendeurs des oeuvres de l’esprit (pas nécessairement à celui de ses auteurs) par l’extension de la durée d’exploitation notamment
– le développement de l’internet ou les biens culturels sous forme de « bits » sont reproductibles à l’infini par simple copie et deviennent échangeables
– La remise en question d’un accès au patrimoine (l’interdiction de publier/reproduire des oeuvres qui appartiennent pourtant au domaine public et qui en sont issues ) et le développement d’un patrimoine partagé (Wikipedia et d’une certaine façon le p2p).

Toutes les formes de propriétés intellectuelles deviennent partageables, bouleversant une équilibre vertical (du vendeur à l’acheteur) pour une mise à disposition plus horizontale (de tous vers tous). Cette perte de contrôle est inacceptable pour l’ancienne génération… conflit générationnel donc… et face à cette rigidité et cette violence vont naître de nouveaux acteurs (conflit culturel)

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