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Monthly Archives: septembre 2011

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Qui a déjà joué aux jeux vidéos, sur console ou sur pc… sait que la ville est intimement liée à ce média… Qu’il s’agisse de les bâtir, de les détruire, d’y combattre ou d’y faire des courses-poursuites à des allures folles, la ville est depuis le début des jeux vidéos une composante essentielle de l’expérience de jeu. Du simple décor jusqu’à en devenir le sujet (vous avez dit sim city?) la relation a toujours été forte mais univoque… jusqu’à aujourd’hui

C’est notamment à cette question que les éditions Pix’n love, en analysant les  images fantasmées des villes dans les jeux vidéos et en les soumettant à l’avis de géographes, architectes, joueurs et journalistes, qu’elles ont pu nous proposer de comprendre ce que les jeux ont à nous dire de l’espace urbain. La « maturité » de l’univers vidéo ludique permet aujourd’hui des questionnement de cet ordre… montrant à la fois les qualités … et les dérives (trop de détail, pas assez d’imaginaire) de cette relation.

Cette relation se noue aussi bien du point de vue « architectural » (le travail des level designers) que social (la liberté d’action des personnages et du jouer dans l’univers). La ville devenant parfois le centre de l’expérience ludique (mirror’s edge, un jeu de parkour dans une ville futuriste et un peu trop propre pour être vraie, à l’opposé par exemple d’un GTA où la ville est un espace de lutte, un territoire en guerre).

La relation à donc souvent été univoque :  la ville comme sujet ou inspiration du jeu vidéo… mais l’architecture et l’urbanisme peuvent ils s’inspirer du jeu vidéo? C’est peut être le cas avec Waze et toute une dynamique de réflexions se servant des jeux vidéos pour repenser la cartographie et l’usage de la ville. Waze est  un service communautaire gratuit de cartographie pour Smartphone disposant de la fonction GPS. A la manière d’un google map, il propose de localiser l’utilisateur dans l’espace et de se diriger dans la ville. Là où il devient intéressant, c’est dans sa capacité à permettre aux utilisateurs de communiquer sur les évolutions du réseau : bouchons, accident, travaux, déviation, nouveau nom de rue… il est possible d’indiquer toutes ces informations en un simple clic. Les prochains utilisateurs pourront donc intégrer ces données pour calculer l’itinéraire le plus satisfaisant.

Un genre de réseau social urbain quoi.

Cette carte se construit  par l’action des utilisateurs et quiconque prend une route qui n’existe pas dans l’application peut la rajouter pour l’enrichir… et gagner un nombre de points. Ainsi la mise à jour du réseau est assurée par la notion ludique de compétition qu’il existe entre eux. Imaginez un pacman, avec ses pastilles et autres gros bonus disséminés sur la carte

Il est important de saisir que le joueur est de par ces « habitudes » familiarisé avec la cartographie, la représentation de l’espace et l’intégration d’éléments toujours nouveaux dans des « cartes »… Cette « compétence en cartes virtuelles » pourrait être utilisée pour « mettre à jour » les représentations des cartes, à l’instar de ce qu’essaye de faire Here & There project, qui se veut une synthèse des différentes manières de représenter l’espace que l’on peut voir dans les jeux vidéos.

Vous avez dit "inception"?

Cette « cartographie », met l’individu au centre de la carte et représente l’environnement proche de façon réaliste (détaillée) tout en allant vers une représentation de plus en plus proche de la cartographie classique pour les éléments éloignés. C’est la « vieille » notion du « brouillard de guerre », que l’on trouve dans les jeux de stratégie masquant tout ce qui est éloigné du joueur. Pour « voir » plus loin et étendre sa connaissance du terrain, il faut donc se déplacer.

Cette idée, le service Foursquare la pousse encore plus loin en l’intégrant dans les réseaux sociaux. Il devient donc possible de signaler à ses amis où on est, mais également de leur localiser des bonnes adresses :  plus on cartographie de nouveaux services (bars, magasins …) ou plus on « ping » quand on les utilise, plus on gagne de points, construisant ainsi une « pertinence » locale. Cartes réelles et « compétences virtuelles » issues de l’expérience vidéo ludique, la relation entre le jeu vidéo et la ville à la fois encore en plein développement et propose un impact réel sur la construction de la cité… une réflexion a prendre en compte dans l’espace urbain de demain. Surtout quand on y mêlera la réalité augmentée !

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Fausse bande-annonce censée promouvoir un (faux) film de zombies mais vrai court métrage déjanté, Zombinladen ne fait pas les choses à moitié. A commencer par le pitch : le corps de Ben Laden est repêché au large de Belle-Ile-en-Mer. Devenu zombie, il contamine les habitants de l’île. Il va donc falloir le tuer une deuxième fois. C’est gore, c’est déjanté, c’est plutôt drôle… c’est à voir donc !

Un court-métrage réalisé dans le cadre du concours Panic ! Reverse, qui propose de partir d’une affiche pour réaliser un film, à découvrir sur Dailymotion


ZOMBINLADEN The Axis Of Evil Dead par Zmbldn

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Depuis quelques années le site Worth 1000 a proposé aux graphistes de détourneer les produits technos de notre quotidien à la façon des pubs d’antan…. le résultat plutôt old school pour le kindle ou facebook, le macbook ou yourube est assez amusant, une tendance à mélanger de façon uchroniques les technos et leur contexte que vous avez déjà pu lire sur ce blog, voici celles des graphistes de worth 1000

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L‘un des ressors de la guerre psychologique c’est de jouer des instincts humains et durant la Seconde Guerre mondiale, la campagne de propagande de l’ axe a pris un tour plutôt débauché… Lorsque les forces japonaises et allemandes ont commencé à distribuer des pamphlets pornographiques parmi les troupes alliées, le discours était : pourquoi ne pas rester chez vous a baiser plutôt que de venir combattre le fascisme… Plutôt primaire mais bon, le mélange sexe et mort, eros et thanatos, est un ressort humain vieux comme la psyché…

Le terme «pornographie» est rapidement pour la plupart d’entre nous, associé à la notion de dépravation… 2000 ans de christianisme y ont aidé… Pour le savant, le mot signifiait simplement «La description de prostituées et de leurs échanges». Plus tard, d’autres définitions ont été ajoutées, en essayant d’englober le terme «obscène». Aujourd’hui la définition pourrait en être «L’écriture et les images destinées à éveiller le désir sexuel» et c’est en ce sens que les combattants majeurs impliqués dans la Seconde Guerre mondiale ont utilisé la pornographie comme une partie de leurs opérations psychologiques.

Les hommes jeunes, qui forment le gros des troupes ont « tendance à accorder une attention considérable aux relations sexuelles » selon les psychologues militaires. Ajoutez à cela le stress des combats et la force de ce levier peut s’en trouver démultipliée. Tant l’Axe et les Alliés ont imprimé des tracts parachutés ensuite, utilisant des thématiques sexuelles dans une tentative de démoraliser les soldats ennemis à l’avant. L’effet fut en fait le contraire de celui attendu… Ces « pin-up » devinrent des objets de collection recherchés par les troupes qui parfois se les échangeaient entre elle. C’est finalement le document ennemi… le plus lu de la guerre.

Les brochures propagandaires « sexuelles » à l’image de l’illustration ci-dessus, qui faisait partie d’une brochure japonaise écrite pour les soldats australiens avaient un discours « démoralisant » : pendant que vous êtes là à nous combattre les américains dépravés sont en traine de s’ébattre avec vos femmes.

D’autres à destination des américains montraient de jeunes femmes dévêtues, en leur recommandant de « s’occuper d’elles » plus que de se battre, voire de se rendre…

Les pamphlets allemands dépeignaient quand à eux des femmes nues sur la couverture du magazine Life.

Bien que l’armée américaine n’avait jamais admis l’utilisation de la propagande sexuelle dans la Seconde Guerre mondiale, les documents utilisés par l’OSS comprenaient «des dépliants sexuels» considérés comme… du matériel militaire : on peut donc trouver aussi de curieuses photos de nus mettant en scène Hitler. Si l’armée (de quelque côté que ce soit) à toujours refusé de reconnaitre cette utilisation, en Angletterre par exemple celle ci était le fait de citoyens patriotes qui souhaitaient combattre l’Axe à leur façon et à leur niveau. L’une des cibles favorites de ces «photomontages » était Adolf Hitler. Le gouvernement britannique autorisa d’ailleurs effectivement cette utilisation propagandiste… l’une d’entre elle était particulièrement tordue : le Führer était représenté tenant son pénis … qu’il venait de se faire circoncire.

S’ils représentent peut être moins de un pour cent de toutes les brochures produites, ils sont en plus très rarement évoqués dans les débats historiques… mais restent l’une des tentatives les plus inattendues de guerre psychologique…

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Vladimir Tomin est un illustrateur, graphiste et vidéaste russe qui a peine finie l’université à su décrocher grâce à son talent des clients comme MTV Worldwide, Toyota, Nike, Adidas, Reebok… Ses créations graphiques et vidéo brouillent les frontières du réel, un talent impressionnant aux limites du surréalisme.

A découvrir ci dessous, sur son site, ou sur son profil vimeo

Reality Check from Vladimir Tomin on Vimeo.

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L’atelier olschinsky est un petit studio de design Viennois (Autriche) pluri disciplinaire (graphisme, 3D, web, photo)… mais c’est surtout d’une série d’illustrations « Cities » sur le thème des villes, issue de leur portfolio qui m’a intrigué. Un travail d’une rare précision et visuellement impressionnant qui n’est pas sans rappeler les dessins de Moebius par exemple.

A découvrir ci-dessous ou sur leur page behance

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Certains des livres les plus célèbres de la littérature enfantine anglo saxonne nous sont plus connus sous forme de dessins animés, voir de films… même si leur forme « romanesque » est à l’origine de leur succès (de leur adaptation ciné s’entend). Perso j’ai eu la chance de lire quelques uns de ces livres étant petit, mais ce n’est que très récemment que j’ai découvert… que deux de ces livres avaient des suites… suites pour le moins inattendues, voir   gentillement hallucinées.

En l’occurrence, Charlie et la chocolaterie de Roald Dahl à une suite : Charlie et le grand ascenseur en verre… Charlie vient tout juste de rentrer de la chocolaterie dont il a héritée et doit déjà repartir à l’aventure!
Mais une fausse manœuvre va projeter l’ascenseur dans l’espace. Un espace où ils vont croiser des astronautes américains en route vers une hotel construit là haut…mais surtout peuplé d’êtres fantastiques et monstrueux, les Kpoux Vermicieux (étranges créatures qui ont le don de se ramollir et de faire toutes sortes de formes), terreur de l’univers interstellaire, contre lesquels ils vont livrer une terrible bataille…

Au terme de cette bataille et de retour sur Terre, ils découvriront le Forti-Wonka (une sorte de médicament dont chaque pilule permet de rajeunir de vingt années). Dès lors, les grands-parents de Charlie commencent à se disputer pour retrouver leur jeunesse (l’une d’entre-eux ira même jusqu’à se rajeunir de quatre-vingts ans alors qu’elle n’en a que soixante-dix-huit). Par la suite, Charlie et Willy Wonka se voient confier une tâche : la faire vieillir afin qu’elle retrouve son âge normal…
A peine a-t-il atterri en plein milieu de sa maison dans un grand ascenseur de verre que Willy Wonka les emmène, lui et toute sa famille, dans l’espace !

Si le charme de la chocolaterie n’est plus le même, on est plus ici dans un récit d’aventure SF totalement déjanté et qui ne semble pas connaître de limites, c’est l’extravagance et la démesure de l’histoire et des situations qui vont donner à se livre son intérêt. Une grosse impro totalement « dans la lune », un gros délire peu connu malheureusement… Qui mériterait une adaptation cinéma elle aussi…

Plus étrange encore est la suite des 101 dalmatiens… 11 ans après le célèbre livre, son auteur publie… les 1001 dalmatiens.. mais aussi The Barking Starlight, une obscure histoire de science fiction sur des chiens extraterrestre, la guerre nucléaire et la lévitation spontanée .

La journée avait commencée normalement pour les Dalmatiens du premier livre commence quand ils se réveillent et  trouvent tous les humains et les autres animaux dans un sommeil anormalement profond. Ils entendent les aboiements de Cadpig, devenue l’animal de compagnie du Premier ministre. Elle leur apprend que des rapports de tous les coins du pays révèlent le même phénomène, et les chiens déléguaient une représentation à Londres. Ils voyagent à Londres par « swooshing », un genre de  « glisse » sur le sol.

Pongo et Missus décider d’enquêter sur Cruella de Vil pour voir si elle est derrière ces événements mystérieux. Rejoint par Tommy et le chat persan, qui sont des «chiens d’honneur », et quelques autres chiens, ils arrivent à sa maison, où les portes s’ouvrent comme par magie…mais ici aussi tout le monde dort.  Les chiens se rendent ensuite à Trafalgar Square, où ils sont abordés depuis le sommet de la colonne de Nelson par Sirius, Seigneur de l’étoile du chien, un chien extraterrestre. Chaque chien le perçoit comme un chien de sa propre race. Sirius les invite tous à voyager à son domicile, où ils seront à l’abri des dangers d’une guerre nucléaire sur la Terre, sans parler des caprices et des abus potentiels des humains. Certains chiens sont pour, d’autres contre, mais à la fin tous les chiens s’accordent sur le fait que Pongo, connu pour son intelligence et son héroïsme, prenne la décision.

Pongo se joint à une conférence avec Cadpig et son «cabinet» afin de discuter s’il faut aller avec Sirius ou non. Trois chiens maigrichons, de race mêlée arrivent et demandent à être entendus. Pongo est sûr qu’ils veulentaccompagner Sirius, mais ceux ci veulent rester sur terre. « Pongo » dit Sirius, « les chiens ne peuvent pas abandonner leurs êtres humains » . Avant de partir, celui ci accorde à chaque chien de la puissance pour atteindre sa maison avant que les humains ne se réveillent. Tous les chiens errants profitent de l’occasion pour aller à la Battersea Dogs and Cats Home.

Deux suites méconnues donc, qui versent dans la SF plutôt barrée, des suites plutôt méconnues, à découvrir, que vous soyez petits ou grands…