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Monthly Archives: mars 2010

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A l’heure où des attentats ont frappé le métro le plus fréquenté du monde (7,13 millions de de passagers par jour), je voulais vous parler d’un autre métro moscovite, moins connu nécessairement car prévu du temps de la guerre froide pour exfiltrer les hauts dignitaires en cas d’attaque ou de guerre… Le métro 2.

Ce deuxième réseau de tunnels sous juridiction militaire, creusé plus profond que le réseau « public », fut construit en prévision de  » l’évacuation de personnes clefs en cas d’attaque ». La construction de ce réseau aurait commencé sous Staline et était appelé D-6 par le KGB et des rumeurs prétendent que la longueur de ce réseau excède celle du métro « normal », qu’il comporte quatre lignes relie le Kremlin, les quartiers généraux du FSB , le Ministère de la Défense ainsi que plusieurs autres installations stratégiques dont l’Aéroport Vnoukovo et la ville militaire de Krasnoznamensk.

On parle aussi d’entrées à ce réseaux depuis plusieurs édifices civils comme la Bibliothèque d’État, l’Université d’État de Moscou et au moins deux stations de métro régulières. La seule jonction connue entre les deux réseaux de métro est derrière la station Sportivnaïa.
Le dernier segment de ce réseau secret aurait été terminé en 1997.

En 2005, des explorateurs urbains (les gars qui aiment fréquenter les friches et les souterrains) auraient découvert un accès à ce métro : http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/4648569.stm

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La publicité c’est l’occasion pour les créatifs de proposer des choses parfois décalées, amusantes, et quand il s’agit d’un client comme Durex, c’est une occasion rêvée de se lâcher. Voici une petite sélection de pub pour cette célèbre marque de préservatifs, pas toutes du meilleur goût certes mais toujours originales et parfois très bien pensées

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Je suis depuis de nombreuses années un fan absolu d’un drôle d’artiste, d’un créateur unique de sons venus d’un autre monde au physique tout aussi unique qu’il a su mettre au service de ses clips (notamment celui de windowlicker avec Cunningham aux manettes), Aphex Twin. Ce génie (n’ayons pas peur du mot) est l’auteur de lives inoubliables, en voici un qui vaut le détour.

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Basé à Vancouver, Ben Tour renouvelle l’idée que l’on se fait de l’art de l’aquarelle… A la fois plein de spontaneité et de finesse, ses créations sont impressionnantes au point qu’on n’en arriverait même pas a être jaloux 😀

Vous pouvez en savoir plus en découvrant le site de l’artiste : http://www.thetourshow.com/

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Le titre donne le ton.
Pour ceux qui tournent aux alentours de ma génération  voir pour les plus anciens, il y a toujours eu deux camps. Les bons, les super héros, les gentils, les rebelles… et les méchants, les super méchants, l’empire… Nourris au strange, Lug, et autres publications hebdomadaires, gavés de ligues de justiciers, de superman superpropre sur lui, de spiderman avec une conscience, de hulk qui s’en veut de s’emporter (qui limite nous ferait une psychothérapie new age pour apprendre a mieux contrôler ses pulsions), c’était simple et clair et évident, même si ça restait quand même généralement assez excitant.

Puis une poignée de scénaristes et dessinateurs  dont , Simon Bisley, Warren Ellis, Mark Millar, et peut être leur « père » à tous, Frank Miller ont commencé à tordre le cou à l’image du super héros ou de ses intentions pour commencer à rendre un peu plus complexe, un peu plus sexy, un peu plus trash ces personnages… Neil Gaiman et Dave Mc Kean ont été dans mon cas les premiers à plonger dans l’imaginaire tordu avec L’asile d’Akham, où l’on découvre un batman, le seul « héros ambivalent », aussi cinglé finalement que ceux qu’il enferme, qui lui tendent le miroir de sa propre folie pour lui faire sentir qu’il est finalement à sa place parmi eux.
Oui, Batman est depuis l’invention du joker le premiers super tordu qui donnera une plus grande profondeur au genre.

Un éditeur français, en l’occurence Panini publie la grande majorité de ces oeuvres mais a la mauvaise habitude… de ne pas republier (reste donc l’occasion pour trouver parfois certaines choses).

« Wanted » de Millar, Les « lobo » de Bisley, Civil war et secret war, Marvel zombies, umbrella academy  (dont l’excellent tome 2 vient de sortir et joue de l’assassinat de Kennedy, rien que ça), le « Joker » d’Azarello, tout un tas d’œuvre qui explosent le cadre et rendent les comics plus adultes, plus durs, plus sombres, mais aussi plus addictifs.  On a un peu l’impression que les séries tv comme les comics ont compris qu’en prenant leur public plus au sérieux, en leur donnant plus à penser et plus adulte à voir, ont su reconquérir un public, voir conquérir le cœur de quelques critiques qui auparavant trouvaient le genre trop monolithique…
N’hésitant plus à parler des sujets qui fachent (politique, super héros qui utilisent leurs pouvoirs pour dominer) voir centrer des séries sur des super méchants (le Nemesis à paraître de Bendis par exemple), en se libérant du cadre « classique », les scénaristes nous offrent des choses assez inédites comme par exemple Superman Red Son : et si Superman était tombé en URSS au lieu d’un champ de blé aux US… rien qu’un tel pitch devrait vous donner envie d’en savoir plus !
C’est donc une bonne époque pour (re)découvrir ce genre, mais pas nécessairement… en famille 😉

Quelques recommandations :
Wanted
Umbrella academy
Hellboy
Goon
Civil war + secret war
marvel zombies
Hellbalzer
the filth
transmetropolitan

et j’en oublie des tonnes…

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Le clip de Look de Sébastien Tellier, définitivement hypnotique et tout à fait dans l’esprit de l’album, sexy mais décalé

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Né le 5 janvier 1941 à Tōkyō, sa petite enfance est marquée par un Japon dévasté par la Seconde Guerre mondiale, une épreuve qui va marquer toute son œuvre, tandis que le métier de son père,directeur d’une entreprise aéronautique, se traduira par sa passion pour le vol, présent dans quasiment tout ses films.

Sa mère enfin, gravement malade (à cet égard le film Mon voisin Totoro est autobiographique) nourrira sa vision de la femme.
A 15 ans Myazaki découvre le premier film d’animation japonais en couleurs, Le Serpent blanc (Hakuja den), de l’animateur Yabushita Taiji du studio Toei, inspiré d’un conte populaire chinois. C’est une révélation ; mais sa carrière ne commencera qu’en 1963 comme intervalliste au studio Toei après des étude d’économie. Il se fait connaître d’abord avec son travail sur Garibā no Uchū Ryokō (1965) ; ayant trouvé la fin du film non satisfaisante, il en propose une autre, qui est acceptée et incorporée au film. Après un entraînement de trois mois, il est affecté au film Les Fidèles Serviteurs canins (Wan wan chushingura) puis à la première série télévisée du studio, Ken, l’enfant-loup, concurrente de Astro, le petit robot d’Osamu Tezuka.

C’est en 1964 alors que des troubles syndicaux éclatent au sein du studio que commencera sa « carrière politique » en prenant la tête des manifestants et devenant secrétaire en chef du syndicat des travailleurs. Isao Takahata est alors le vice-président du syndicat. C’est à cette époque qu’il rencontre Akemi Ōta, également animatrice au studio, qui deviendra sa femme en octobre 1965. Cette année marque le début
De sa collaboration avec Takahata avec un premier projet commun, Hustle Punch. Lorsque Takahata commence à travailler sur le film Horus, prince du Soleil, Miyazaki, qui avait alors 22 ans, est volontaire pour rejoindre le projet qu’il considère comme sa dernière chance de travailler sur un long métrage et d’arrêter les séries télévisées. Takahata, Miyazaki et Yasuo Otsuka se font la promesse de terminer ce projet, coûte que coûte. Le film, réussite artistique mais échec commercial, ne sortira finalement que le 21 juillet 1968.

Suivront d’autres films, qui s’ils sont connus des hardcore fan du maître ne sont pas à la hauteur de ce que produira quelques années plus tard le Studio Ghibli. Après quelques réalisations pour la série Lupin III c’est Panda Ko Panda en 1973 qui marque le retour du trio au longs métrages. De studio en studio, Myazaki participe à des séries (Marco, Conan fils du futur), mais c’est à nouveau Lupin III, en l’occurrence le film Lupin : Le château de Cagliosrto  qui va marquer un tournant dans la carrière du maître (1979). Suite à ce film, Myazaki commencera a travailler sur Nausicaa, mais ne parvenant pas à trouver de producteur publiera l’œuvre en manga, gros succès à la clé… pourtant il continue à travailler sur des séries (notamment Sherlock Holmes, en collaboration avec la RAI)

Il faudra attendre 1983 pour que Nausicaa devienne un projet de long métrage, mais le perfectionnisme de Myazaki ralentit la production. Le jeune Hideaki Anno est recruté suite à une annonce pour trouver plus d’animateurs et Miayazaki impressionné par son travail l’embauche immédiatement… Hideaki Anno réalisera un peu plus tard une série… du nom de Neon Genesis Evangelion…

Le film sort enfin en 1984 et le succès est immense.

Ce succès permet de fonder dés l’année suivante, le studio Ghibli. A la différence de nombreux autres studios qui produisaient séries et OAV, Ghibli se concentrera sur des longs métrages et dés 1986 c’est Laputa le château dans le ciel qui sort, gros succès à nouveau. Ce sera pourtant en 1988 avec Mon voisin Totoro que le nom du studio et de Myazaki deviendront au Japon quelque chose d’unique, un succès tel que tous les japonais connaissent le personnage, que la chanson du film devient l’une des comptines les plus chantées dans les écoles.
L’année suivante, Kiki la petite sorcière surfe sur le succès de Totoro, et est classé premier au box office japonais pour 1989 !

En 1992, Porco Rosso se démarque des œuvres précédentes. Plus adulte, augurant une nouvelle forme de films dans l’œuvre de Myazaki qui alternera film plus adulte et films pour enfants. Si au Japon Myazaki est un demi dieu, c’est le contrat entre Disney et Ghibli pour la distribution des films qui donnera une aura internationale à son œuvre. Les négociations furent ardues pour Disney, Myazaki imposant l’interdiction de retoucher ses films (coupures, changements des dialogues…). Après Pompoko, sort un nouveau film adulte… Princesse Mononoké… Le film est considéré comme un chef-d’œuvre de l’animation et propulse la renommée de Miyazaki encore plus haut, le film dépassant le succès d’ET au box office mondial.

Miyazaki quitte formellement Ghibli le 14 janvier 1998 pour s’occuper d’une nouvelle structure : Butaya (La maison du cochon), près du studio Ghibli en vue de sa proche retraite, pourtant, lors d’ une période de vacances où  il connaît les filles d’un ami ; l’une d’elles devient l’inspire pour réaliser Le Voyage de Chihiro. Avec 23 millions d’entrées(plus gros succès cinéma de tous les temps sur l’île) l’Ours d’Or à Berlin, une première pour un film d’animation, et l’Oscar du meilleur film d’animation en 2002), ce films deviendra l’œuvre la plus connue de Myazaki.

En 2003 sort Le Royaume des chats, , et fin 2004, Le Château ambulant sont de grands succès mais n’ont pas la portée de ses œuvres précédentes… C’esten 2008 avec Ponyo sur la falaise, près de la mer, qui raconte les aventures d’un petit garçon de cinq ans et d’une princesse poisson rouge qui voudrait devenir humaine que le maître retrouve les sommets .

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Mamuro Oshii, peut être le plus mélancolique des réalisateurs, aux obsessions canines bien implantées (dans chacun de ses films on retrouve son chien) en tout cas l’un des ceux qui oeuvre le plus dans le domaine de la SF car on lui doit en vrac : Les patlabor, ghost in the Shell, Jin-Roh, Tenshi no tamago (peut être l’un des moins connus, mais l’un des plus barrés) ou son plus récent « Sky Crawlers », s’aventure aussi hors de l’animation pure notamment avec Avalon… Excusez du peu !
Cette filmographie impressionnante c

Depuis ses études, Mamoru Oshii est fasciné par le film La Jetée de Chris Marker et c’est son travail de sur la série télévisée Urusei Yatsura qui le place sous les projecteurs. Il réalise deux longs métrages à partir de la série, Urusei Yatsura: Only You en 1983 et Lamu : Un Rêve sans fin en 1984. Si le premier film est directement adapté de la série, le second s’en détache largement et est un des premiers exemples du style de Mamoru Oshii. Il s’était tant écarté de l’histoire originale que le créateur du manga original Rumiko Takahashi avait difficilement accepté le scénario.

En 1984 toujours il réalise L’Œuf de l’ange (Tenshi no tamago), un film aux thèmes bibliques avec des personnages dessinés par Yoshitaka Amano qui attire  Miyazaki et Takahata (les fondateurs du studio Ghibli) sur son film suivant Anchor. Le projet est rapidement annulé même si vingt ans plus tard il collaboreront à nouveau sur Innocence : Ghost in the Shell 2, Oshii critiquait le côté idéaliste des films de Miyazaki, celui-ci reprochant au premier de ne pas chercher assez le divertissement.

À la fin des années 1980, Oshii est sollicité par son ami Kazunori Ito pour rejoindre Headgear. Ce collectif de professionnels cherchait à promouvoir les travaux des membres et à nouer des contacts avec les producteurs. ( Kazunori Ito et Masami Yūki Scénaristes, le compositeur Kenji Kawai, entre autres). Ils créent Police Patlabor OVA en 1988, The Patlabor: The Movie en 1989, et Patlabor 2: The Movie en 1993.

Réalisés en pleine crise économique japonaise, la série et les films Patlabor montrent un futur proche où la crise sociale et les défis écologiques ont été résolus grâce à la technologie.En parallèle Oshii réalise trois films ( The Red Spectacles, en 1987 largement inspiré de La Jetée de Chris Marker (avant L’Armée des douze singes de Terry Gilliam), citant Shakespeare ou Alexandre Pouchkine à la manière d’un Jean-Luc Godard pour lequel Oshii ne cache ni son admiration, ni son inspiration.
Suivront en 1991 Stray Dogs: Kerberos Panzer Cops mêlant action, comédie et contemplation et Talking Head en 1992, un film policier surréaliste largement expérimental.

C’est surtout en 1995 quie Mamoru Oshii réalise l’anime cyberpunk Ghost in the Shell qui marque durablement l’animation et le rend mondialement célèbre. Des cyborgs s’interrogeant sur leur humanité, une mélancolie tenace et encore une fois des questionnements philosophiques qui donnent une dimension supplémentaire à un film déjà impressionnant alternant scènes lentes contemplatives et scènes d’action rapides.

Il faudra attendre 2001 pour le revoir sur les écrans avec Avalon… Puis le court métrage très remarqué Blood the last Vampire.

Oshii fut fortement influencé par le mouvement étudiant ANPO Hantai des années 1960 et 1970 qui s’opposait au traité de sécurité conclu entre les États-Unis et le Japon. Le mouvement périclitait quand il s’y engagea, ce qui a certainement rendu Oshii plus cynique que d’anciens membres du mouvement comme Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Son premier film politique est Akai Megane ou « lunettes rouges) décrit un Japon en proie au totalitarisme et à la corruption dans les années 1990… Oshii fut une source d’inspiration pour les réalisateurs de Matrix et James Cameron le décrit comme un visionnaire, mais c’est surtout l’un des plus cinéastes d’animation les plus intimistes, en témoignent ses personnages, la lenteur calculée de ses fims… Parmi les réalisateurs de cette semaine des génies de l’animation, c’est peut être le plus pessimiste.

Petite mise à jour :
Voici le lien (la plateforme japonaise sur laquelle se trouve la vidéo ne semble pas permettre d’insérer cette vidéo ici) du nouveau court métrage d’Oshii : « Je t’aime » où l’on retrouve son basset préféré en personnage central dans une ville qui semble vidée de toute présence humaine..

Par ailleurs, Oshii a réalisé un film live, pseudo suite d’Avalon… mais qui est d’après tout ce que j’ai lu un ratage… Alors que le court dont il était tiré n’était pas mauvais.
Le voici  (le court)