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Monthly Archives: décembre 2009

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Je vous abandonne quelques jours, le temps de profiter de la famille, de me remettre de la crise de foie et de la gueule de bois, de me débarrasser des cotillons et de me demander comment je me suis fait ce bleu à …
Bref, bonnes fêtes à tous, et à l’année prochaine !

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Photographe allemand, issu de l’école documentaire allemande initiée par les Becher (un autre article eh oui…) est un adepte depuis les années 80 des images au format XXL représentant banques, Bourses ou rayonnages de supermarchés.
Tout en cherchant à déstabiliser nos références au réel, sa photographie se trouve à la croisée entre l’image documentaire et  l’art contemporain. A mi chemin de la photographie dite « plasticienne » et de la reproduction méthodique mais surtout répétitive les images d’Andreas Gursky au format vraiment surdimensionné (tournant autour de 260 x 186 cm) qui incluent le spectateur dans une scène qui tour à tour nous montre ici des tradeurs de Chicago en pleine action d’excitation, là, toute la tension d’une course de F1. A la différence de ses maitres, en optant pour la couleur et les grands sites urbains (immeubles, halls, supermarchés, Bourses, raves, concerts, rencontres sportives), Gursky cherche, lui, à capter le gigantesque de nos vies tout autant que nos moindres menus détails. Du macro au micro, du gigantisme au quasi moléculaire, c’est grâce à une manipulation technique de l’image que cet effet de précision extrême est rendu possible. A l’aide d’outils de retouche sophistiqués, Gursky tord la perspective, fait fusionner plusieurs plans, plusieurs images ; bref, recrée le réel. Le résultat donne ces photographies XXL qui décuplent la vue.

L’ambigüité qui nait de ces images, entre fascination et critique sous-jacente (la répétition systématique pour marquer l’uniformisation) rend l’œuvre de Gursky particulièrement intéressante, surtout si on la chance de profiter de l’une de ses expos.

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L’imagination des ingénieurs militaire est parfois sans limites, j’en veux pour exemple ce concept de véhicule développé par les soviétiques, après l’ekranoplan voici le sous marin volant !
Pour ceux qui ont vu le film Capitain Sky, the world of tomorrow ,ou qui se souviennent de l’espadon de Blake & Mortimer, l’idée de l’avion de chasse submersible est déjà quelque chose de concevable, au moins en imagination… mais la recherche militaire avait avant que la fiction ne s’empare de cette idée déjà développé cet étrange hybride. Tout a commencé avec unerecherche d’ avant-garde  par BP Ouchakov, menée par l’armée russe dans le secret absolu, entre 1934 et 1938. La conception n’a jamais atteint un stade de prototype, mais a été sérieusement pris en considération pour l’usage militaire: l’avion avec un rayon de  800 km, volant à la vitesse de 200 km / h et pouvant plonger à 50 mètres, a une vitesse de 3 noeuds sous-marine.

1945, l’inventeur américain Houston Harrington a déposé un brevet pour la « combinaison d’avions et sous-marins».

Le concept de « submersible / dirigeable » combinaison intéressante pour les militaires pendant la Seconde Guerre mondiale fut utilisé par des Japonais de petite taille ( le « Midget ») lors de leur attaque aérienne sur Pearl Harbor. Les Italiens ont attaqué des cuirassés britanniques dans le port méditerranéen d’Alexandrie. Même si un certains sont des  succès, ce sont généralement des missions suicide.

«Il pouvait voler à partir d’un endroit favorable à sa destination à l’altitude minimale pour éviter la détection par radar. À la fin de sa mission sous-marine il pouvait voyager comme un submersible jusqu’à  un endroit qui convienne pour le décollage, décoller et revenir à la base» (The Wilmington Morning Nouvelles, 1964)

L’US Navy joua avec l’idée dans les années 50 et 60, et fut près d’en faire réellement un prototype:

La Convair Division de General Dynamics Corp a obtenu un contrat de la Marine pour tester la faisabilité d’un tel engin.

Don Reid, un ingénieur en électronique, et sous traitant de la Défense à construit « Commandant-1 » prototype, puis « Commandant-2 » qui a effectivement volé et a été pleinement opérationnel. Les premiers tests qui ont eu lieu  en 1964, avec une vitesse de 4 nœuds, sous 2 mètres d’’eau.  L’histoire de cet avion est racontée dans « The Submarine Flying: The Story of the Invention of the Submarine Flying Reid, RFS-1 », publié en 2004 par Heritage Books Inc

Aujourd’hui, le sous volant « est un concept bien vivant, et vient même d’être examiné par des poids lourds tels que Skunk Works de Lockheed Martin (les développeurs de l’U-2 et les avions espions Blackbird).

Ce « goéland » avion-espion aile fonctionnera sur un mode totalement furtif et sera lancé à partir des tubes de missiles Trident de certains sous-marin nucléaires. La logistique du lancement et de récupération doit être étudiée afin de fournir pour d’informations sur le sous marin lanceur. Une fois hors de l’eau, débarrassée de sa  carcasse le cormoran prend son envol. À la fin de la mission, il est récupéré par une unité robotisée sous l’eau.

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Un passionné d’image n’est pas qu’un spectateur de celles-ci, ou parfois un créateur… le besoin de penser l’image et son rôle sont autant nécessaires que la recherche de nouvelles formes d’expression. C’est pour ça qu’une petite série d’articles vous livrera le résultat de mes quelques réflexions. Commencer par le futur, c’était une logique comme je les aime. Démonter au fur à mesure la perspective.
Le futur est nécessairement virtuel, le présent seul est réél, le passé est recomposé. Le futur de l’image parle plus de ce que les révolutions techniques nous permettent et vont permettre de plus en plus de produire comme images et les conséquences de ces images. La technique est devenue à la fois plus universelle (chacun peut disposer d’une machine, de logiciels, et avec de la volonté, du temps et de l’apprentissage créer de l’image, la retravailler comme un matériau… rien de très nouveau dans tout cela, la démocratisation d’un outil de création est une constante historique.

C’est plus l’occasion de la sortie d' »Avatar » de James Cameron, film sur lequel reposent beaucoup d’espoirs et aussi pas mal de fantasmes concernant le futur du cinéma, surtout du point de vu de ceux qui la font. Cameron se propose de faire vivre aux téléspectateurs une 2e révolution du cinéma en relief mais cette fois ci avec le concours de la 3D et d’images au réalisme accru. La volonté affichée est de transporter littéralement le spectateur dans le film, de lui offrir une expérience nouvelle si forte que le cinéma reprendrait une place forte dans la hiérarchie des sensations que les jeux vidéos lui ont un peu ravit ces dernières années. La technique par l’intermédiaire de la motion capture (on pose des capteurs sur les acteurs jusqu’à reproduire numériquement par le biais de ceux ci leurs expressions, leur mouvements) transforme l’acteur réél en acteur virtuel (le grinch de Zemeckis) donnant un supplément de réalisme, voire de réalité au personnage virtuel. Ce personnage virtuel, ce double ne sait pour l’heure exister sans son double rééel. On n’est pas encore dans ce doppleganger (Doppelgänger est un mot d’origine allemande signifiant « sosie », employé dans le domaine du paranormal pour désigner le double fantomatique d’une personne vivante, le plus souvent un jumeau maléfiqu), théorisé par le Critical Art Ensemble comme notre double en terme d’informations qui est évalué pour mesurer notre « crédit », mais en terme de prospective, la question se pose. Sera t il un jour plus intéressant pour les assurances qu’un acteur joue couvert de capteurs dans un studio, des scènes que son double numérique devra jouer dans un environnement jugé trop dangereux?
Un acteur virtuel peut il naitre… comme l’idoru de William Gibson, connaitre le succès, devenir… un people?
L’image d’un acteur pourra elle devenir privatisable et commercialisable?
L’image d’un acteur pourra t elle survivre à sa disparition?

La technique et la privatisation galopante de tout ce qui est monnayable, comme le génome, amènent à se poser ces drôles de questions.
Si pour monsieur tout le monde, c’est plus un doppleganger nourrit des traces qu’il laisse sur la toile, ou par l’intermédiaire des informations dont on peut disposer sur lui (données banquaires, téléphoniques, scolaires, médicales…), drôle de créature qui selon tel ou tel point saillant de son apparence l’inscrit dans tel ou tel listing…  Si pour ce monsieur tout le monde, le contrôle de l’information qui le concerne et le droit à l’oubli (le droit en clair que ce qu’il a dit dans le passé, ne le poursuive pas toujours…) sont les points à défendre, pour celui qui devient public, c’est son image, sa propre identité qu’il faut protéger.
C’est toujours notre identité que la technique pourrait remettre en cause.
Sur la base des informations sur lesquelles on nous jugera (banquier, police,assureur,employeur) nous perdons progressivement le contrôle et le CAE (critical art ensemble) à plutôt vu juste, les pouvoirs limités de la CNIL en sont malheureusement l’illustration.

L’image, et l’utilisation de son identité au delà de ce qu’il pourrait accepter ou au delà de son existence, voilà ce qui menace l’acteur.
Le virtuel peut nous apporter le meilleur, des films encore plus bouleversants, des histoires encore plus merveilleuses ou seule l’imagination débridée des créateurs fixe la limite. Ou faire revenir Elvis dans une publicité,
Marylin dans un porno…


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Le nom d’Hubert Blanz, photographe et artiste allemand ne vous dit peut être rien (j’avoue qu’à moi non plus avant hier) mais il  a une vision des infrastructures urbaines et technologiques extrêmement personnelle et disons le  tout de suite assez géniale (enfin ça c’est mon point de vue). Le béton d’un échangeur d’autoroute ou d’un aéroport devient prétexte à des courbes et des labyrinthes, le plastique vert d’une plaque électronique, devient une  photo satellite  des villes, des rivières, des bords de mer… Ce n’est pas sans rappeler le gigantisme hyper réaliste de Andreas Gursky (comme d’habitude, un prochain article…).

VoicI en tout cas quelques unes de ses œuvres :

Le reste à découvrir sur le site de l’artiste

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Chaque année au mois de mai,  le parc Disney’s Hollywood Studios organise un week-end Star Wars pour rendre hommage à l’œuvre de Georges Lucas et c’est l’occasion pour les infographistes de la comm’ de se lacher, avec bonheur !
Y’en a pour tous les côtés de la force…pardon pour tous les goûts…

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L’une des choses que j’aime le plus c’est la vision du futur que les créatifs avaient dans les années 30 à 70…. Epoque ou vivre dans des  mégalopoles était considéré comme un privilège que nous aurions dans les années 2000

Cette métropole glorieuse , cette vision quasi géométrique était trés populaire du temps du  futurisme, de la littérature fantastique sur les deux côtés de l’Atlantique jusque dans les années 60. Elle est notamment mise en avant de le « Metropolis » de Fritz Lang. La vision était  également partagée des deux côtés du rideau de fer. cit1 cit5

Commençons par le « tout Gotham / style Empire » dans l’architecture qui  vraiment décollé après le travail de conception par  Haut Ferriss. En 1929 Son livre « La Métropole de Demain » a influencé toute une génération d’architectes, avec son humeur changeante, ses projections colossales, destinées à hanter pour toujours les rêves des candidats à être des dictateurs et des super héros !cit3

Mega-urbanisme et tailles colossal des rêves architecturaux font écho à une vision de l’individu quasi microscopique, simple élément de la masse… Les « Canyons Skyscraper » étaient une variante  obligatoires des visions urbaines des années 20 et 30.

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Rêver à grande échelle d’architecture et de la conquête spatiale à nourrit une vision… très grandiloquente. Aujourd’hui la réalité est bien différente et c’est la vision d’un Luc Schuiten dont je vous parlerais bientôt qui s’apparente le plus à ce que l’on peut réver aujourdh’ui pour une ville de demain

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Pour ceux qui fréquentent un peu la BD, L’Association n’est pas une inconnue, c’est même la marque d’une bande dessinées indépendante et de qualité. David B. en est tout simplement l’un des auteurs en même temps… que l’un des créateurs de ladite structure.  Et c’est un très bon auteur par dessus le marché, aussi bon dans ses scénarios, prenants, que dans le dessin. Pour ceux qui l’ont déjà croisé, cette oeuvre en particulier est en couleurs (le monsieur nous a dans la plupart de ses autres œuvres habitué à un strict mais excellent noir et blanc).

Représentant de la ‘nouvelle bande dessinée’, David B. est formé l’école supérieure des arts appliqués Duperré à Paris puis travaille ensuite pour des magazines comme Okapi, Tintin reporter et Chic. En 1990, il participe à la fondation de l’Association, et ses travaux sont dés lors  publiés dans Lapin, le magazine de l’Association. Le succès de David B. attire d’autres éditeurs comme la maison Dupuis, chez qui il publie ‘La Lecture des ruines’ dont je vais vous parler aujourd’hui.

Le pitch en est trompeusement simple et en même temps évocateur de l’esprit : lecture_ruines
Chaque homme tué au combat renaît-il dans le ciel sous la forme d’une étoile ? Voir en rêve un autobus est-il vraiment un signe de mort prochaine ? En 1917, Jan Van Meer, agent des services secrets alliés et folkloriste distingué, parcourt l’Europe à la recherche de l’ingénieur Hellequin, inventeur du canon à rêves et du barbelé végétal, passé maître dans la lecture des ruines…

Rien que cette courte description vous donne une idée de ce à quoi vous allez avoir à faire, l’une des meilleures bd de David B. qui mèle ici à l’horreur et l’absurdité de la guerre, un atmosphère onirique, un histoire pleine de poésie et de mystère.
Pas si loin des digressions de ‘l’ascension du haut mal’, le chef d’œuvre de l’auteur (et l’un des chefs d’œuvres de la bande dessinée hexagonale) la lecture des ruines est un livre captivant, Sur des modes tantôt graves, tantôt mystérieux, tantôt tendres, tantôt rocambolesques, l’artiste nous emmène dans les méandres d’une guerre dans tout son tragique ridicule. Une guerre complètement superficielle, provoquée par les caprices des dominateurs de l’époque.lecture 3

Le dessin élégant, fin et sobre de David B. sert à merveille cette histoire, ainsi que les couleurs qui, sans être indispensables, donnent un relief plus attractif à cette histoire assez difficile à lire parfois. Un auteur à découvrir si ce n’est déjà fait !

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Sans vouloir faire trouver un « début » à l’histoire de la bande dessinée, le livre de Brigitte Koyama-Richard, «Mille Ans de mangas», permet de faire remonter les sources du mangaaux  rouleaux peints du XIe siècle, voire dans les caricatures graffitées au VIIème siècle sur les plafonds du temple Horiyuji.

Cette forme d’expression chère aux ados du XXIe siècle fait écho, en réalité, à des œuvres très anciennes. La stylisation des lieux comme des personnages, une constante, depuis toujours, de l’art japonais, se prête à tous les jeux graphiques. Mais surtout, ce que révèlent les confrontations esquissées dans ce volume, c’est qu’il y eut, au fil des siècles, comme un fascinant jeu de miroirs entre le Japon et l’Occident.

Au passage, l’un des chapitres les plus passionnant est consacré aux estampes et aux livres de la période Edo. On y découvre en particulier les étranges «visages recomposés» d’Utagawa Kuniyoshi (1797-1861), portraits constitués de «l’assemblage» d’une série de personnages, mis en parallèle avec les célèbres «Portraits d’Adam et Eve» peints en 1578 par Arcimboldo. Rencontre, coïncidence… ou réelle influence? On y croise aussi beaucoup de monstres et de « grotesque »  mais c’est au XIXème siècle, Hokusai, le célèbre peintre d’estampes surtout connu chez nous par sa « vague », est le premier à susciter l’emploi du terme de «manga». Entre les «Trente-six vues du Mont Fuji» et la «Grande vague à Kanagawa» c’est une vision quasi-cinématographique qui ouvre un nouvel age, c’est aussi le début d’une fascination de l’occident pour le Japon

Enfin, l’un des plus intéressants chapitres est consacré au maitre Tezuka Osamu (1928-1989), le premier «mangaka» à avoir élevé le genre à la hauteur d’un art, l’inventeur du manga dans sa forme actuelle, rien de moins.

Aujourd’hui les mangas sont devenus une partie de notre culture planétaire,dans l’art contemporain avec Takashi Murakami, tout comme les comics made in USA étaient entrés dans l’art moderne avec Lichtenstein, les films du studio Ghibli sont reconnus au même niveau que des grands classiques, et ce ne sont plus les adolescents mais toutes les générations qui se retrouvent autour de ces films, plus rarement des oeuvres dessinées.

A Kyoto, le manga a désormais son musée, situé tout près de l’ancien palais impérial, mais  «Mille ans de mangas», montre combien il est vivant et florissant, un livre très complet et très érudit sans être lourd, un plaisir pour le passioné de bande dessinées, comme pour le passionné du Japon, une oeuvre d’intérêt général pour tout ceux qui ont l’esprit ouvert à ces arts.